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Les conservateurs ont-ils haussé les prestations aux vétérans? L'épreuve des faits

Le chef conservateur, Stephen Harper, se défend d'avoir laissé tomber les anciens combattants en soutenant que son gouvernement a augmenté du tiers les montants versés en prestations aux vétérans. A-t-il raison?

Un texte d'Olivier Bachand

Vérification faite : c'est vrai, mais le chef conservateur ne dit pas tout.

Selon les comptes publics, le gouvernement fédéral a dépensé en 2006 près de 2 milliards de dollars en « subventions et contributions » aux vétérans. En 2014, le montant dépensé à ce poste budgétaire a atteint plus de 2,6 milliards de dollars.

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La hausse frise donc bel et bien les 35 %, comme l'affirme Stephen Harper. Au cours de cette période, le nombre total de vétérans a diminué au pays. Il est passé de 220 000 en 2006 à 199 000 cette année.

Plus d'argent disponible

Le chef conservateur omet toutefois de dire que le ministère des Anciens Combattants n'a pas dépensé la totalité des budgets alloués en versements de compensations.

De 2007 à 2014, le ministère a donc retourné 830 millions de dollars dans les coffres du Conseil du Trésor, faute de les avoir remis aux vétérans.

De plus, le gouvernement conservateur a éliminé plus de 800 postes au ministère des Anciens Combattants depuis son arrivée au pouvoir.

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Plus de problèmes de santé mentale

Le nombre de vétérans aux prises avec des problèmes de santé mentale est quant à lui en constante augmentation depuis la mission canadienne en Afghanistan.

Ils représentaient moins de 2 % de la clientèle du ministère en 2002, contre près de 14 % l'an dernier.

Dans un rapport publié l'automne dernier, le vérificateur général a d'ailleurs déploré les longs délais auxquels doivent faire face les anciens militaires qui veulent recevoir des prestations pour des troubles de santé mentale.

Les trois quarts des demandes formulées avaient été traitées selon la norme de 16 semaines, mais dans certains cas, des vétérans ont dû attendre plusieurs mois ou même des années avant d'obtenir une réponse.

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