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Les conservateurs retournent en Chambre en pleine course à la direction

Les élus conservateurs ne manquent pas de thèmes, de l'économie à l'éthique, en passant par les effets de la présidence Trump, pour mener la charge contre le gouvernement Trudeau, à leur retour à Ottawa, lundi. Les priorités sont claires, mais l'opposition officielle doit relever un défi important : éviter que la course à la direction du parti ne fasse ombrage aux travaux de la Chambre des communes.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

Dès le début du caucus jeudi, l'avertissement a été lancé par le chef adjoint du Parti conservateur, Denis Lebel, qui, en raison de ses fonctions, demeure neutre pendant la course à la direction.

Je souhaite que cela reste dans la dignité. Qu'on élise l'homme ou la femme qui sera le meilleur ou la meilleure pour nous mener plus loin en 2019.

Denis Lebel, chef adjoint du Parti conservateur

Parce qu'il est vrai que, même si la rencontre du caucus avait pour but de discuter de stratégie, il était impossible à l'hôtel de Québec, où se déroulait la rencontre, d'ignorer que les conservateurs sont en pleine course à la direction.

Mêlées de presse et poignées de main, les candidats ont été très actifs et présents. Sur les 14 prétendants au titre de chef, 9 sont des membres du caucus.

Alors qu'il reste quatre mois avant l'élection du prochain chef, en mai, des clans commencent à se former au sein de la députation. De plus en plus d'élus ont choisi d'appuyer l'un ou l'autre des aspirants chefs.

C'est inévitable, l'ambiance commence à changer, nous ont confié des membres du caucus. Mais l'atmosphère reste agréable, tiennent-ils à préciser.

Il n'y a pas encore eu de claques sur la gueule.

Jacques Gourde, député conservateur de Lévis-Lotbinière

Le parti veut justement éviter que de grands coups d'éclat nuisent à l'unité de l'équipe et laissent des marques sur son image. En ce sens, les débats peuvent représenter un terrain particulièrement glissant.

À Moncton, en décembre, par exemple, Maxime Bernier a comparé Kellie Leitch à une « version karaoké de Donald Trump ».

À Québec, cette dernière a contre-attaqué, traitant le député de Beauce de menteur, en plus de l'attaquer sur des sommes dépensées lorsqu'il était ministre.

Un effet O'Leary?

Dans cette course où une multiplicité de candidats et un système électoral complexe rendent les choses imprévisibles, un mystère important demeure. Quel effet aura l'arrivée de l'homme d'affaires Kevin O'Leary?

Malgré plusieurs rencontres avec des élus, il n'y a toujours pas eu de mouvement de masse de députés se rangeant derrière lui.

Plusieurs députés québécois affirment d'ailleurs clairement qu'ils ne sont pas des admirateurs de cet unilingue anglophone qui a choisi de se lancer au lendemain du débat en français à Québec, évitant ainsi d'y participer.

L'entrée en scène de ce plus récent candidat pourrait-elle contribuer à créer une certaine forme d'unité au sein du caucus? « Ça va être tout le monde contre O'Leary », lance un député. Mais rien n'est moins certain.

Ne pas se laisser distraire

Si le Parti conservateur n'a pas connu de course à la direction depuis 2004, d'autres formations politiques ont plus d'expérience à ce chapitre. C'est le cas du Parti québécois.

La campagne remportée par Jean-François Lisée a connu des épisodes mouvementés. Le député Stéphane Bergeron, qui était whip du caucus à ce moment, estime que son parti s'en est bien tiré sur le plan parlementaire.

C'était son rôle, en tant que whip, de s'assurer que « malgré les hauts et les bas », ses collègues députés restent concentrés sur le travail d'opposition qu'ils avaient à accomplir à l'Assemblée nationale. Il est catégorique sur ce point, les candidats, officiers du parti et députés doivent tous contribuer.

Il faut que tout le monde comprenne la nécessité de ramer dans le même sens [...] À partir du moment où quelqu'un donne un coup de pagaie de manière désordonnée, on voit tout de suite l'effet sur le navire.

Stéphane Bergeron, député de Verchères et ancien whip du Parti québécois

Les conservateurs travailleront ensemble aux Communes, assure leur chef intérimaire, Rona Ambrose. Celle-ci a d'ailleurs pour mission de diriger ses troupes, mais aussi de laisser un parti fort et uni à la personne qui lui succédera.

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