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Les coûts du transport automobile ne cessent d'augmenter, selon Trajectoire Québec

Le transport automobile coûte de plus en plus cher aux Québécois. Au total, 43 milliards de dollars y ont été consacrés en 2015, ce qui comprend les dépenses gouvernementales dans le réseau routier et les dépenses privées des ménages pour leur automobile, conclut une étude réalisée par l'organisme Trajectoire Québec et présentée conjointement avec la Fondation David Suzuki.

Cette somme, qui était plutôt de 33 milliards de dollars en 1995, en dollars constants, aurait donc augmenté de 32,6 % en 20 ans.

L'étude vise à dénoncer cette importante augmentation des dépenses routières, qui sont toujours orientées vers la possession d'automobiles privées plutôt que vers le transport collectif.

Elle souligne toutefois que ce sont les automobilistes qui paient la plus grande part de ces frais. En effet, les dépenses des ménages possédant une automobile ont été de 36,9 milliards en 2015. Ce poste de dépenses arrive en deuxième position après le logement et avant l'alimentation.

Les dépenses des ménages québécois à ce chapitre avaient plutôt été de 28,8 milliards en 1995, soit une augmentation de 27,7 % en 20 ans, causée notamment par la hausse du prix du carburant.

Augmentation importante des dépenses gouvernementales

Quant aux dépenses publiques en transport des trois paliers de gouvernement, elles sont passées de 4 milliards en 1995 à 6,6 milliards en 2015, soit une augmentation de 68,9 %. La province de Québec à elle seule a dépensé 3 milliards de dollars dans les infrastructures routières en 2015.

L'étude affirme que de ces milliards payés en 2015, un tiers a été acquitté par les sommes versées à l'État par les automobilistes, que ce soit par exemple par le biais des taxes sur l'essence, des frais d'immatriculation ou de permis de conduire. Un autre tiers de ces 6,6 milliards aurait été assumé par les transporteurs de marchandises, alors que le reste aurait été tiré des impôts.

L'importante hausse des investissements gouvernementaux en transport, qui a eu lieu particulièrement depuis 10 ans, découle d’une prise de conscience de la dégradation des infrastructures publiques, note également le rapport.

Alors qu'elles ont permis la rénovation des routes existantes, ces dépenses ont toutefois aussi servi à l’expansion du réseau routier, une chose que déplorent les auteurs du rapport. Cette expansion du réseau routier aurait généré des dépenses moyennes de 1,15 milliard de dollars de 2007 à 2013, selon l’étude, contre une moyenne de 275 millions dans les six années précédentes.

Les « externalités »

En plus de déplorer les coûts financiers importants que génère l’utilisation de l’automobile, l’étude dénonce également les coûts non directs qui y sont liés.

Elle évalue notamment les coûts « sociaux » du transport automobile, comme les accidents, la congestion, la pollution atmosphérique, les émissions de gaz à effet de serre et le bruit, à 7,6 milliards de dollars en 2015, près de 1000 $ par habitant, « attribuable en grande partie aux accidents et à la congestion pour le transport local ».

« Bref, en se concentrant sur l’offre routière, le Québec induit une demande accrue qui provoque l’augmentation des coûts de système », conclut le document, qui suggère notamment de repenser la gouvernance dans ce domaine, ainsi que le financement du réseau routier, qui devrait être subordonné à « diverses mesures de tarification directe » des conducteurs automobiles.

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