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Les CPE invités à « accueillir de manière positive » les jeux de bataille et de guerre

EXCLUSIF – Est-ce qu'on interdit aux garçons de simuler un combat d'épées pour s'amuser dans une garderie? Un nouveau cadre de référence destiné aux centres de petite enfance donne quelques éléments de réponse. Rendu public mercredi, il appelle les intervenants à tolérer les activités de bataille et de guerre entre les garçons, tout en assurant un encadrement.

Un texte de Mathieu Dion, correspondant parlementaire à Québec

Les Partenaires pour la petite enfance de la MRC des Sources en Estrie dévoileront mercredi un cadre de référence visant à bonifier les pratiques éducatives auprès des garçons. Ce regroupement est affilié à l’organisme Avenir d’enfants, lui-même issu d’un partenariat entre le gouvernement du Québec et la Fondation Lucie et André Chagnon.

Étant donné que les garçons présentent souvent plus de difficultés d’adaptation à la garderie et à l’école que les filles, l’organisme a jugé bon de rédiger un outil pédagogique pour mieux soutenir les gestionnaires et le personnel éducateur, afin d'agir tôt dans l’évolution de l’enfant.

Parmi les six mesures suggérées et basées sur plusieurs études, le cadre de référence insiste sur l’importance « de laisser l’enfant être le maître du jeu » dans le jeu libre.

Le personnel éducatif aurait tendance à vouloir interdire les simulations de bataille armée, ce qui aurait plutôt pour conséquence de faire monter la tension et d’accentuer les risques de dérapages.

« Qu’est-ce qu’on fait quand les enfants sortent dehors et se chamaillent? Des éducatrices l’interdisent, d’autres sont plus ouvertes », affirme Joanne Gardner, coordonnatrice des Partenaires de la petite enfance de la MRC des Sources. L’organisme a voulu mettre les choses au clair et tire comme conclusion qu’il y a des effets bénéfiques à prôner la tolérance.

Les auteurs rappellent que si les enfants aiment les superhéros, c’est aussi parce qu’ils sauvent le monde. Ils suggèrent ainsi de fournir le matériel et d’offrir les activités permettant aux enfants, garçons et filles, de « relever des défis et de courir des risques mesurés et adaptés à leur âge ».

Caroline Payer, directrice générale de La Maison des familles FamillAction d’Asbestos, explique par exemple qu’un combat d’épées en mousse peut être encadré par une mise en scène. « On fait le salut, on engage et on s’amuse, décrit-elle. C’est juste de rendre les épées accessibles, de les encadrer et laisser émerger ce que l’enfant veut en faire. Avant que ça dégénère, on intervient. »

L’avis d’un expert

« Je me suis dit "enfin" », s’exclame Daniel Paquette en réaction au cadre de référence. Ce professeur spécialisé en petite enfance à l’Université de Montréal se penche depuis une quinzaine d’années sur la question des jeux de bataille et de guerre chez les jeunes enfants.

M. Paquette estime qu’il s’avère plutôt néfaste d’empêcher de tels jeux. « C’est pour préparer les enfants à la vie adulte. Les gars aiment la compétition. Ils apprennent des choses à travers ces jeux. Ça répond à un besoin. […] Ça vaut la peine de prendre ce risque pour le peu de fois où ça va dégénérer. »

Si ces jeux sont davantage appréciés par les garçons, il rappelle que de nombreuses filles les « adorent ». Il s’agit simplement, selon lui, d’offrir aux enfants une diversité d’activités pour mieux les préparer.

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