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Les Cris du Québec obtiennent plus d’autonomie 

Après des années de négociations, les Cris du Québec signent une entente importante avec le gouvernement fédéral, qui leur accorde davantage d'autonomie sur leur territoire.

Un texte de Karoline Benoit, d’Espaces autochtones

C’est dans une ambiance cordiale que la ministre des Affaires autochtones et du Nord canadien (AANC), Carolyn Bennett et le grand chef sortant du Grand Conseil des Cris (GCC), Matthew Coon Come, ont procédé à la signature de l'Entente sur la gouvernance de la Nation crie, mardi midi à Ottawa.

« C’est un grand jour! C’est vraiment une journée à célébrer! », s’est exclamée la ministre Bennett.

L’entente fournit au Gouvernement de la Nation crie des outils importants pour assumer une plus grande autonomie et plus de flexibilité dans la gouvernance des terres qui entourent les neuf communautés d’Eeyou Istchee, le territoire cri.

Des négociations longues et complexes

Ce nouveau document est le résultat de négociations qui ont eu lieu entre le gouvernement du Canada et les Cris d'Eeyou Istchee depuis la signature en 2008 d’une entente concernant une nouvelle relation entre les deux gouvernements.

« Il y a eu beaucoup de hauts et de bas, se souvient le grand chef Coon Come. Il y a eu beaucoup d’obstacles, de différends à résoudre et de ponts à construire. »

Mais la nouvelle entente « reconnaît le gouvernement de la Nation crie (…) comme un gouvernement mature et responsable, et marque une avancée (…) dans notre relation de nation à nation avec le Canada », croit-il.

« Cette entente est un pas en avant vers une relation renouvelée avec les peuples autochtones, une relation fondée sur la reconnaissance des lois, le respect, la collaboration et le partenariat », soutient également la ministre Bennett.

Créer leur propres lois

Selon les termes de l’entente, le gouvernement de la Nation crie et les neuf communautés auront le pouvoir de créer leurs propres lois sur les terres situées près des communautés. Présentement, ils ne peuvent que rédiger et mettre en œuvre des règlements administratifs. Ces lois ne seront plus soumises au ministère des Affaires autochtones.

L’accord prévoit aussi plus de financement fédéral jusqu’en 2040, « ce qui va donner aux Cris une stabilité dont elle a bien besoin », indique Matthew Coon Come.

L’entente prévoit également l’élaboration d’une constitution crie, un document interne qui permettra au gouvernement cri d’avoir plus de latitude pour gérer la structure de son administration, sans avoir besoin d’obtenir l’autorisation du gouvernement fédéral pour effectuer des changements.

La nouvelle constitution crie est en fait le « rapatriement » des éléments qui composent la Loi sur les Cris et les Naskapis du Québec, qui date de 1984. Cette loi ne s’appliquera donc plus aux Cris.

« Nos ancêtres seraient fiers », dit Matthew Coon Come

Cette entente de gouvernance est l’aboutissement « d’une longue lutte entreprise par nos prédécesseurs », raconte le grand chef Coon Come.

« Avec la signature de la Convention de la baie James et du Nord du Québec, les Cris ont commencé à reconstruire leur nation », a expliqué Philipp Awashish, l’un des négociateurs de la Convention.

« Notre droit à l’autodétermination est inhérent et n’a jamais été éteint », rappelle-t-il.

Et pour Matthew Coon Come, cette nouvelle entente continue d’honorer l’héritage laissé par ceux qui se sont battus pour la signature de la Convention de la baie James et du Nord du Québec en 1975.

Un accomplissement politique qui sera le dernier pour le grand chef Coon Come, qui tire sa révérence après cinq mandats à la tête de la Nation crie.

« C’est maintenant au tour de la nouvelle génération de continuer à bâtir notre nation », a-t-il dit, avant de recevoir une ovation debout.

« Tes actions ont changé le cours de l’histoire canadienne, a terminé la ministre Bennett. Ce fut un honneur et un privilège de travailler à tes côtés. »

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