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Les Cubano-Américains de Miami célèbrent la mort de Fidel

Soulignée avec retenue dans le monde, la mort de l'ex-dirigeant cubain Fidel Castro a plutôt donné lieu à des manifestations de joie dans la communauté cubaine de Miami, en Floride.

Des centaines de personnes de tous âges ont manifesté dès les petites heures de la nuit, descendant parfois dans les rues encore en pyjama. Ils s’étaient donné rendez-vous devant le restaurant Versailles, un point de ralliement des Cubains en exil en Floride.

« Un tyran est mort et une nouvelle ère peut s'ouvrir sur le dernier bastion communiste de l'hémisphère occidental », a déclaré Illeana Ros-Lehtinen, représentante républicaine au Congrès et membre de la communauté cubano-américaine.

Au coeur de La Petite Havane – le quartier cubain de Miami – d’anciens ressortissants agitaient la nuit dernière des drapeaux du pays qu’ils ont fui, dansant et tambourinant sur des casseroles au son de la salsa. Des automobilistes joignaient leur voix au mouvement en klaxonnant et en criant : « Cuba libre » ou « Liberté, liberté! » D'autres fredonnaient l’hymne cubain pendant qu’on débouchait des bouteilles de champagne.

Le maire de Miami, Tomas Regalado, a laissé entendre que cette « fête » pourrait s’étirer sur plusieurs jours.

Son homologue du comté de Miami-Dade, Carlos Gimenez, a pour sa part espéré que les manifestations restent pacifiques, reconnaissant cependant que le décès de Fidel « referme un chapitre très douloureux pour les Cubains dans l'île, et pour les Cubano-Américains partout dans le monde, qui ont été personnellement affectés par sa dictature cruelle et brutale ».

Par voie de communiqué, il a cependant indiqué ne pas avoir l’intention de relever le niveau de sécurité dans la région. Pendant la nuit, la police a dû bloquer l’accès à certaines rues pour éviter les débordements.

« Le diable a de quoi s'inquiéter, a dit en riant Pablo Arencibia, exilé depuis 20 ans aux États-Unis. Fidel monte le rejoindre et il va certainement essayer de récupérer son boulot. »

Ces explosions de joie en disent long sur le ressentiment de ces exilés, qui dénoncent encore aujourd’hui le régime cubain qui les a privés de liberté.

Vent de changement?

« C'est le plus beau jour de ma vie, les Cubains sont enfin libres », s’est réjouie Orlidia Montells, âgée de 84 ans. « C'était un criminel, un assassin et un homme misérable. Toute sa famille est criminelle », a pour sa part ajouté Hugo Ribas, un septuagénaire.

« Au tour de Raul », ont ajouté d’autres manifestants, en référence à l’actuel dirigeant cubain.

Peu de manifestants avaient cependant espoir que la mort de Fidel Castro ne change quoi que ce soit à la situation de leur pays d'origine.

Je ne crois pas que cela va changer quelque chose.

Aymara, une manifestante

Les manifestations ont été retransmises par les plus jeunes sur Facebook et Skype, notamment, pour que ce moment historique puisse être suivi par leurs familles et leurs amis encore à Cuba.

Environ 2 millions de Cubains vivent aux États-Unis, dont 70 % sont installés en Floride, majoritairement à Miami.

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