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Les dirigeants du G20 unis contre le terrorisme

Les chefs d'État et de gouvernement du G20 sont unis dans leur volonté de lutter contre le terrorisme, sans toutefois s'entendre sur la façon de combattre le groupe armé État islamique (EI), deux jours après les attentats de Paris.

Peu après l'ouverture du sommet à Antalya, en Turquie, le président américain Barack Obama a rencontré son homologue russe, Vladimir Poutine, pour discuter de la question. Selon un conseiller du Kremlin, Iouri Ouchakov, la Russie et les États-Unis ont des « objectifs stratégiques proches l'un de l'autre », mais il reste toujours des divergences sur la tactique à suivre.

La rencontre « inattendue », qui a duré une trentaine de minutes, a été qualifiée de « constructive » par Washington.

Les deux dirigeants s'entendent cependant sur l'urgence de trouver une solution, qui passerait par des négociations supervisées par l'ONU entre le régime au pouvoir et l'opposition en Syrie ainsi que l'instauration d'un cessez-le-feu.

Ils estiment par ailleurs que la transition politique en Syrie doit être menée par les Syriens eux-mêmes.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a de son côté appelé la Russie à concentrer ses opérations militaires contre l'EI plutôt que sur les forces de l'opposition modérée au président syrien Bachar Al-Assad. « Nous devrions avoir comme but commun de coordonner nos actions et il est certain que la coopération entre la Russie et les États-Unis est cruciale », a-t-il dit.

L'Allemagne appelle les pays du G20 à se rallier

La chancelière allemande Angela Merkel a pour sa part déclaré que les vingt puissances économiques mondiales affronteront ensemble la menace djihadiste.

Les États-Unis et la France se sont mis d'accord sur des mesures concrètes pour accentuer la lutte contre le groupe armé État islamique, lors d'une conversation téléphonique entre le secrétaire américain à la Défense, Ash Carter, et son homologue français Jean-Yves Le Drian, d'après un communiqué du Pentagone.

Alors que la communauté internationale durcit le ton, le premier ministre canadien Justin Trudeau est arrivé en Turquie sans changer son plan de match malgré les récents attentats.

Le gouvernement canadien maintient donc son intention de mettre fin aux frappes menées par le Canada en Irak et en Syrie. Cette décision est cependant plus critiquée que jamais, puisque les attaques de Paris ont été revendiquées par le groupe armé État islamique.

Justin Trudeau s'est aussi brièvement entretenu avec le président Obama, avec qui il n'aurait pas abordé la question du retrait des CF-18 canadiens.

Le Canada n'est cependant pas à contre-courant des autres puissances mondiales dans la lutte contre le terrorisme, selon le ministre des Finances Bill Morneau, qui accompagne le premier ministre Trudeau. Il ajoute que le gouvernement fédéral demeure engagé à vaincre l'État islamique, mais en apportant un « style canadien » à la coalition internationale qui combat le groupe armé État islamique.

« Ça [le retrait des avions de chasse canadiens] ne change rien, affirme le ministre. Nous sommes encore fermement résolus à trouver avec nos partenaires la meilleure réponse à la crise. »

Justin Trudeau a par ailleurs réaffirmé l'engagement du Canada à accueillir 25 000 réfugiés syriens d'ici la fin de l'année.

Il a aussi à nouveau offert son soutien à la France. « Je veux assurer tous nos cousins français que le Canada sera là pour vous pendant ces temps difficiles et dans les semaines et mois à venir. »

Une minute de silence en ouverture du sommet

Les dirigeants des 20 plus grandes puissances mondiales ont observé une minute de silence en mémoire des victimes des attentats de Paris. Le président français François Hollande est d'ailleurs le seul des dirigeants du G20 à ne pas participer à la rencontre en raison des événements survenus vendredi.

Dans une déclaration, le G20 a condamné les « odieux attentats de Paris ».

« Nous sommes confrontés à une offensive terroriste concertée. Cet acte terroriste n'est pas dirigé seulement contre la France, mais contre toute l'humanité », a dit le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse conjointe avec Barack Obama.

Aussi, les États membres déclarent qu'ils s'attaqueront au financement du terrorisme, promettent de renforcer les contrôles aux frontières et dans le trafic aérien et d'améliorer l'échange d'information entre les pays.

Réponse à la crise migratoire

Par ailleurs, les dirigeants vont reconnaître lundi que la crise migratoire constitue un problème mondial à traiter de façon coordonnée, selon le projet de déclaration finale obtenue par Reuters.

« Nous appelons tous les États à contribuer à la résolution de cette crise et à en partager le fardeau, notamment avec la relocalisation des réfugiés, des mesures concernant l'accueil humanitaire, l'aide et les efforts humanitaires pour faire en sorte que les réfugiés aient accès aux services, à l'éducation et aux opportunités professionnelles », peut-on y lire.

Les États membres du G20 devraient promettre d'accroître leur aide financière en faveur des organisations internationales impliquées dans la résolution de la crise et de s'attaquer aux racines du problème.

Avec les informations de Madeleine Blais-Morin

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