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Les données de Statistique Canada sont une « bonne nouvelle », dit Harper

Les données publiées mardi par Statistique Canada démontrent que le pays a été en récession les six premiers mois de l'année, mais le premier ministre Stephen Harper affirme néanmoins haut et fort qu'elles constituent une « bonne nouvelle ».

« Les chiffres indiquent que l'économie canadienne est revenue sur la bonne voie aujourd'hui. Les données de juin ont été publiées. Elles représentent la plus forte croissance économique mensuelle depuis plus d'un an », a déclaré le chef conservateur dans un discours prononcé à Burlington, en Ontario.

« Cela confirme la croissance renouvelée qu'une majorité a prédite pour le reste de l'année et, bien sûr, pour les trois premiers mois de l'année fiscale, nous sommes en avance sur nos projections avec un surplus de 5 milliards de dollars », a poursuivi M. Harper.

Selon lui, tous ces chiffres prouvent qu'il importe de réélire un gouvernement conservateur qui maintiendra le cap sur un budget équilibré et qui gardera les taxes et les impôts bas afin de stimuler l'emploi et la croissance.

Dans un point de presse subséquent, un journaliste a souligné que les données de Statistique Canada montrent que la croissance négative du second trimestre n'est pas limitée au secteur de l'énergie, comme l'a souvent dit M. Harper depuis le début de la campagne, et lui a demandé s'il croyait que le pays était en récession.

Le chef conservateur a cependant refusé une fois de plus de prononcer le mot « récession ».

« J'attire votre attention sur ce que le gouverneur de la Banque du Canada a dit. Quand vous regardez les données depuis un an, vous voyez une croissance dans 80 % de l'économie », a-t-il répondu. « À l'évidence, il y a eu des défis, particulièrement dans les secteurs de l'énergie et de certaines matières premières, en raison d'une chute des prix. »

« Mais en fait, plus de 80 % de l'économie a crû, l'économie canadienne au complet est en croissance selon les données du chiffre de juin. C'est la situation réelle. C'est une bonne nouvelle », a-t-il poursuivi.

Selon Statistique Canada, l'économie canadienne s'est contractée de 0,5 % en rythme annualisé lors du second trimestre, après s'être contractée de 0,8 % lors du premier. Cette croissance négative du PIB pendant deux trimestres consécutifs signifie que le pays a officiellement été en récession pendant cette période.

Sur une base mensuelle, le PIB réel par industrie a cependant augmenté de 0,5 % en juin. Il s'agit d'une hausse plus importante que ce qui était anticipé et la première enregistrée en six mois, signe que l'économie pourrait avoir renoué avec la croissance dès le début de l'été.

Stephen Harper était à Burlington pour annoncer qu'il y mettrait sur pied un Centre de fabrication avancée pour encourager le développement de produits et de technologie de pointe si son parti était reporté au pouvoir le 19 octobre.

Le gouvernement y investirait 30 millions de dollars en cinq ans, a-t-il dit, et chercherait à convaincre d'autres partenaires du secteur privé d'y injecter une somme de 70 millions de dollars.

Le chef conservateur s'est aussi engagé à créer un nouveau Bureau de promotion du commerce et des investissements.

La récession, une nouvelle « périmée », selon Justin Trudeau

Dans un point de presse tenu à Kelowna en Colombie-Britannique, le chef néo-démocrate Thomas Mulcair a affirmé que « les chiffres d'aujourd'hui démontrent l'impérieux besoin d'avoir un changement à Ottawa ».

« On ne peut pas continuer avec la façon de faire de M. Harper, c'est un échec », a-t-il ajouté, avant de réitérer que son parti pourrait relancer l'économie, tout en équilibrant le budget sans tarder.

Pour le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, la récession confirmée mardi « n'est une surprise pour personne, sauf peut-être pour Stephen Harper qui a travaillé fort pour se convaincre et convaincre les Canadiens du contraire ».

Dans son allocution précédant un point de presse à Gatineau, M. Trudeau a placé ses adversaires conservateur et néo-démocrate dans le même sac, résumant le choix qu'auront à faire les Canadiens, soit « des compressions ou de la croissance et des emplois ».

Depuis Halifax, la chef des verts a affirmé qu'il est indéniable que M. Harper a un « bilan affreux » en matière d'économie. « Il a décidé de mettre tous les œufs dans le panier des sables bitumineux », a déploré Elizabeth May.

« On est en récession. Ça, c'est clair. Ce n'est pas une bonne nouvelle », a résumé le chef bloquiste Gilles Duceppe, lors d'un point de presse à Varennes, en accusant lui aussi Stephen Harper d'avoir fait « reposer tout son plan sur l'exploitation du pétrole, et plus particulièrement sur les sables bitumineux ».

« C'est d'autant plus inquiétant qu'il y a cette crise en Chine, qui est sûrement le pays qui consomme le plus de ressources naturelles. Ça risque d'aggraver cette crise », a-t-il ajouté, avant de critiquer la volonté affichée de M. Harper et du chef néo-démocrate Thomas Mulcair d'équilibrer ce budget fédéral, malgré le contexte économique actuel.

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