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Les écoles francophones en Colombie-Britannique peu utiles pour freiner l'assimilation?

Le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique a argumenté dans son procès qui l'opposait à la province qu'un système adéquat d'écoles francophones contribuerait à ralentir l'assimilation. Mais dans son jugement de septembre, la juge Russell a laissé entendre qu'il y avait peu d'espoir pour la communauté francophone. Voici un état des lieux.

Un texte de Julie Landry

Tous les experts s'entendent pour dire que le taux d'assimilation en Colombie-Britannique est l'un des plus importants au pays, à plus de 70 %. Pendant le procès, l'ancien directeur de l'Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques, Rodrigue Landry, a été appelé comme témoin expert par le CSF pour parler de la réalité de l'assimilation et de l'importance des écoles pour la vitalité des communautés francophones.

Le mathématicien et démographe Charles Castonguay, lui, a été appelé par la province pour analyser la méthode de calcul du taux d'assimilation de M. Landry.

«  Ralentir la vague d'assimilation  »

La juge Loryl Russell est d'accord avec M. Landry pour dire que les écoles sont des établissements importants pour la vitalité des communautés francophones. Mais à son avis, il est peu probable qu'elles aient un impact important sur le taux d'assimilation en Colombie-Britannique.

Elle a repris les arguments de M. Castonguay, selon lequel la communauté ne pourrait se régénérer que par des naissances plus nombreuses et par un nombre accru de nouveaux arrivants francophones. « Si les écoles de la minorité peuvent rendre la vie de la communauté francophone plus vibrante, elles ne peuvent pas augmenter les taux de naissance ou l'immigration par magie », a écrit la juge.

Elle a aussi tenu à préciser que la croissance exponentielle de l'éducation en français entre 2000 et 2015 n'a pas eu d'impact significatif sur les taux d'assimilation.

Le directeur de l'Observatoire international des droits linguistiques, Michel Doucet, n'est pas d'accord avec la juge Russell et trouve ses propos surprenants parce que, selon lui, ils vont à l'encontre de tout ce que les experts ont dit par rapport à l'importance des écoles dans les milieux minoritaires.

Me Doucet croit que l'idée que la juge puisse ne pas avoir été, au préalable, convaincue de l'importance de ces écoles pour enrayer l'assimilation pourrait avoir teinté son appréciation de l'ensemble de la preuve. Il s'inquiète des effets d'une telle déclaration.

« On ne voudrait pas la voir confirmer par une cour d'appel ou encore par la Cour suprême, parce que ce serait un renversement total des conclusions auxquelles les tribunaux sont arrivés antérieurement par rapport à l'importance des écoles en milieu minoritaire », a-t-il déclaré.

Le Conseil scolaire francophone et la province étudient toujours le jugement et ont jusqu'au 26 octobre pour dire s'ils portent la décision en appel.

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