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Les électeurs de Trump « ne sont pas tous fous », dit le PDG de Canam

Le PDG de Canam ne voit pas l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis comme une menace. Selon Marc Dutil, il faut respecter le choix des Américains et s'ajuster à la nouvelle situation. 

Un texte de Gérald Fillion

« On a 2000 employés aux États-Unis, a-t-il expliqué à RDI Économie mercredi. Et il y en a forcément qui ont voté pour Trump. Je vous rassure, ils ne sont pas tous fous. »

Il faut composer avec cette réalité, selon Marc Dutil. « On n'a pas le choix. Dans un climat difficile, les plus forts survivront. »

« Le Québec, c'est la porte de l'Amérique du Nord, affirme le PDG de Canam. Si la porte des États-Unis se referme un petit peu, je pense que le Québec peut jouer la carte : nous sommes prêts, on comprend la culture, on comprend le commerce, on comprend la langue, venez nous voir, le Québec, c'est un partenaire centenaire avec les États-Unis en termes de commerce. »

Canam réalise 70 % de son chiffre d'affaires aux États-Unis. L'entreprise beauceronne compte 15 usines.

« Canam est née grâce au protectionnisme américain, a déclaré Marc Dutil à RDI Économie. C'est grâce au protectionnisme américain de [l'époque] de la guerre froide que Canam a pu, sur une frontière entre le Québec et le Maine, partir une petite usine qui profitait d'une fermeture des États-Unis vers l'Europe. »

Le programme de Donald Trump prévoit une renégociation de l'ALENA, la non-adhésion au Partenariat transpacifique et l'instauration de barrières tarifaires avec la Chine et le Mexique. Si ce programme risque de ralentir l'économie, Marc Dutil rappelle que les États-Unis de Barack Obama sont aussi protectionnistes. « M. Obama, je pense que c'est un homme intelligent, il parle bien, on l'adopterait tous. Mais dans les derniers huit ans, le mur impénétrable qui s'appelle Buy America, il n'est pas devenu moins difficile. »

« Pour mes collègues en affaires, je passerais le message suivant : le climat commercial est cyclique, il est souvent hors de notre contrôle, mais l'entreprise, ses services, sa réputation, son bilan, sa productivité, ça, on peut contrôler ça. Alors que M. Trump rende ça plus difficile ou qu'un autre rende ça plus facile, il faut s'occuper de notre business. »

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