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Les électeurs du Maine indécis et parfois découragés

C'est jour d'élections aux États-Unis et les électeurs du Maine, voisins des Néo-Brunswickois, choisissent un président, deux élus à la Chambre des représentants, mais devront aussi trancher dans six référendums.

Un texte de Antoine Trépanier

Les blagues se multiplient à Calais, au Maine, à la veille de la soirée électorale. Les courriels controversés d'Hillary Clinton et le mur de Donald Trump sont sur toutes les lèvres. Calais, c'est cette petite ville de 3000 habitants à la frontière canado-américaine, près de St Stephen au Nouveau-Brunswick.

C'est une ville de transit. Avec Houlton, Calais est la ville du Maine où il y a le plus grand nombre de passages transfrontaliers vers le Nouveau-Brunswick. En 2008, le gouvernement du Canada estimait la valeur totale de la marchandise transitant par le poste frontalier St Stephen-Calais à environ 2,8 milliards de dollars. Plus de 1,6 million de véhicules de passagers y passent tous les ans et plus de 95 000 véhicules commerciaux.

La mairesse sortante, la républicaine Marianne Moore, explique que cette élection est primordiale pour l'avenir des jeunes, le développement économique et pour les relations entre le Maine et ses voisins canadiens.

« Nous avons travaillé fort avec St Stephen pour être un vrai cercle, cette relation est très importante et nous devons continuer à collaborer. Il y a eu évidemment plusieurs discussions sur la possibilité de voir des gens déménager au Canada, selon le résultat des élections », affirme Mme Moore.

Et Calais est déchirée. Le gouverneur républicain du Maine, Paul LePage, est très populaire, mais le candidat qu'il appuie, Donald Trump, est la cible de plusieurs railleries.

Ses propos dérangent et les résidents se moquent du mur qu'il promet de construire à la frontière mexicaine pour empêcher les immigrants illégaux d'entrer aux États-Unis.

« Imaginez un mur entre St. Stephen et Calais, ce serait absurde », lâche un résident en riant.

Au bureau de scrutin de Calais, les électeurs se « pincent le nez » en allant voter. Plusieurs ont qualifié de dégoûtante cette campagne électorale nationale et se disent  déçus de devoir voter pour l'un ou l'autre des candidats.

« Tout le monde est tanné de cette négativité qui a marqué la campagne électorale. Les gens veulent seulement voter, passer à autre chose pour qu'on retourne aux choses sérieuses », explique Mme Moore, qui est candidate pour la Chambre des représentants du Maine.

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Historiquement démocrate, le Maine devrait en principe respecter la tradition. Le site RealClear Politics place la candidate démocrate en avance par environ cinq points. Mais Mme Clinton ne soulève pas les passions comme ce fut le cas de Barack Obama, facilement vainqueur lors des deux dernières élections. Si bien qu'on pourrait avoir droit à une division chez les grands électeurs. Le Maine compte quatre grands électeurs sur les 538 aux États-Unis et certains croient qu'on pourrait voir un ou même deux républicains au collège électoral. 

Lors des primaires et des caucus, Bernie Sanders a balayé le Maine avec plus de 60 % du vote chez les démocrates, alors que Ted Cruz l'a remporté chez les républicains.

L'économie de cet État de 1,3 million d'habitants tourne au ralenti et la population, tout comme dans les provinces de l'Atlantique, est vieillissante. La moyenne d'âge est de 44 ans et 90 % des gens du Maine sont des Blancs. Un électorat que convoite particulièrement Donald Trump.

Plusieurs résidents des régions rurales se sentent abandonnés par les politiques et se rallient inconditionnellement au gouverneur républicain, qui a réduit le fardeau fiscal au cours des dernières années. Le candidat Trump offre un réel espoir pour ces électeurs.

Outre la présidentielle, les électeurs du Maine éliront deux nouveaux représentants au Congrès, des sénateurs locaux et  devront se pencher sur six questions référendaires.

Du lot, trois retiennent l'attention: la légalisation de la marijuana à usage récréatif, la hausse du salaire minimum de 7,50 $ à 9 $ en 2017 et à 12 $ en 2020, puis la vérification des antécédents judiciaires pour les acheteurs d'arme à feu.

Si le vote passe dans le cas de la légalisation de la marijuana, les résidents du Maine de plus de 21 ans pourront posséder plus de 2,5 onces de cannabis. Le gouvernement pourrait ainsi récolter une taxe de 10 % sur la vente des produits de marijuana.

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