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Les élus américains se blâment mutuellement pour la paralysie budgétaire à Washington

Après avoir plongé l'administration fédérale américaine dans une paralysie budgétaire partielle vendredi soir, républicains et démocrates se sont renvoyé le blâme samedi. Les élus fédéraux du Congrès et du Sénat ont passé la journée à négocier, mais en fin de soirée, l'impasse budgétaire persistait.

La leader de la minorité démocrate à la Chambre des représentants a rejeté samedi une proposition des républicains qui visait à adopter un budget temporaire qui aurait permis de prolonger le financement des agences gouvernementales jusqu'à la mi-février. Nancy Pelosi juge ce sursis inutile si les deux parties ne s'entendent pas sur une façon d'avancer dans les négociations.

Les démocrates veulent que l'entente sur le budget inclue la question de l’immigration et des Dreamers. La Maison-Blanche a cependant mentionné plusieurs fois que le président ne négociera pas le sort des Dreamers tant que le gouvernement sera paralysé.

Le gouvernement aux États-Unis était peut-être officiellement fermé samedi, mais les sénateurs ont travaillé d'arrache-pied pour prouver aux Américains qui est à blâmer pour cette paralysie.

Le président de la Chambre républicaine, Paul Ryan, a affirmé que les républicains poussent pour obtenir un nouveau vote, afin que les démocrates s'y opposent. Les républicains veulent ainsi prouver aux Américains que ce sont les démocrates qui bloquent les négociations.

Trump a « obtenu un F pour échec de sa direction », a ajouté Nancy Pelosi, ajoutant que les républicains étaient « si incompétents et négligents qu'ils ne pouvaient pas travailler ensemble pour garder le gouvernement ouvert ».

Paul Ryan a répliqué que les démocrates « prennent délibérément notre gouvernement en otage » pour obtenir des protections pour les jeunes enfants amenés illégalement au pays par leurs parents immigrants.

Le leader de la minorité démocrate au Sénat, Steny Hoyer, a rétorqué que c’est plutôt « la confrontation et le chaos à la Trump » qui continuaient et que « c’est pour cela que le gouvernement est paralysé ».

Tôt samedi matin, Donald Trump a affirmé sur Twitter qu'un accord aurait été possible, si ce n'avait pas été des démocrates.

Selon le directeur du budget, Mick Mulvaney, la Maison-Blanche croit que les démocrates ont provoqué cette crise budgétaire pour détourner l'attention des réalisations de Trump au cours de sa première année au pouvoir.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat américain, Mitch McConnell, a annoncé samedi soir qu'il convoquait un vote pour lundi afin de tenter d'adopter un budget pour le gouvernement. Le Congrès doit reprendre ses travaux en après-midi dimanche.

Un défi politique pour Trump

Si les accusations ont fusé de part et d'autre, il n'y avait aucun signe de progrès sur les négociations en fin de journée samedi. Le président Trump a donc dû annuler son week-end à Mar-a-Lago et a passé son premier anniversaire au pouvoir à Washington. Toute la journée, il a multiplié les appels avec les membres du Congrès.

« C'est le premier anniversaire de ma présidence et les démocrates voulaient me faire un joli cadeau », a-t-il ironisé sur Twitter.

La Maison-Blanche a par ailleurs indiqué qu’il était désormais incertain si Donald Trump participait au Forum économique de Davos la semaine prochaine.

Cette paralysie pourrait faire mal aux proches de Trump, qui souhaitaient faire de la politique différemment des élites traditionnelles de Washington.

« Ça ne fait que contribuer au cynisme américain [envers les politiciens]. La première ''job'' du gouvernement est d’avoir de l’argent en banque pour payer ses employés », illustre notre correspondant Yanik Dumont Baron.

Il croit cependant qu’il est difficile d’avoir une vision claire des intérêts du président dans cette négociation.

« On se retrouve avec un président qui tergiverse et c’est dur de savoir exactement ce qu’il veut, ce président, sur cette question, puisqu’il a pris toutes sortes de positions. Ça n’aide personne à vouloir régler quelque chose », explique notre correspondant.

Des millions d'Américains au chômage

Déjà, plus de 1000 des 1715 employés à la Maison-Blanche et des centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux « non essentiels » du Pentagone ont été mis au chômage et les 1,4 million de militaires américains devront travailler sans être payés.

C'est toutefois lundi qu'on verra l'effet réel de cette fermeture. « Si ce n’est pas réglé lundi, ce sont les employés qu’on ne voit pas [qui seront touchés]. C’est ce que les républicains ne veulent pas », analyse Yanik Dumont Baron.

Cependant, comme le dépôt de la paie était la semaine dernière pour plusieurs fonctionnaires, ils ne croient pas que plusieurs se plaindront de ne pas être payés.

Des dizaines d’agences gouvernementales, les monuments et parcs nationaux sont fermés. Par contre, les effets directs de la paralysie budgétaire étaient encore peu visibles à Washington samedi puisque certaines organisations ont pigé dans leur réserve financière afin de poursuivre temporairement leurs activités.

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