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Les enquêteurs internationaux tentent toujours d'accéder à la ville syrienne de Douma

Les enquêteurs de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) n'ont toujours pas accès à la ville de Douma, en Syrie, où ils doivent se rendre pour établir si une attaque chimique a bel et bien eu lieu le 7 avril. Invoquant des problèmes de sécurité, la Russie affirment qu'ils pourront y pénétrer mercredi.

Selon Moscou, les routes menant à Douma doivent notamment être débarrassées des mines qui y ont été placées.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a nié toute mauvaise volonté, qualifiant les informations faisant état d'une « entrave » aux inspecteurs de l'OIAC de « sans fondement » et soulignant que la Russie était dès le début « pour une enquête impartiale ».

Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont frappé en fin de semaine trois sites syriens suspectés de fabriquer et d’entreposer des gaz chimiques. Ils tiennent le régime de Bachar Al-Assad pour responsable de l’attaque du 7 avril.

Une attaque au chlore est l’hypothèse privilégiée par les puissances occidentales, mais des experts ont avancé aussi que du gaz sarin pourrait avoir été utilisé en parallèle. Aucune preuve n'a cependant été fournie par quiconque.

La Syrie dément ces affirmations, à l’instar de son allié, la Russie, qui accuse les Occidentaux de s’appuyer sur des « fabrications » pour trouver un « prétexte » pour frapper la Syrie.

Moscou affirme que ses propres enquêteurs n’ont rien trouvé à Douma, dernière enclave rebelle de la Ghouta orientale, un secteur de la banlieue de Damas qui était assiégé depuis 2013 par le régime.

L’ambassadeur américain à l’OIAC craint cependant que les Russes, lors de leur visite, aient justement « altéré » le site « dans l'intention de contrecarrer les efforts de la mission de l'OIAC pour mener une enquête efficace ».

« Cela soulève de sérieuses questions sur la capacité de la mission d'enquête de faire son travail », a ajouté Ken Ward.

Douma a été reconquise par le régime syrien après l’attaque du 7 avril, qui a fait des dizaines de morts.

La mission de l'OIAC, menée à la demande du gouvernement syrien, consiste à déterminer si des armes chimiques ont été utilisées à Douma. Elle n'a toutefois pas le mandat d'identifier le ou les auteurs de l'attaque.

Les enquêteurs de l'OIAC peuvent recueillir des « échantillons chimiques, environnementaux et biomédicaux », interroger des victimes, des témoins et des membres du personnel médical, et même participer à des autopsies, explique l'organisation.

Parallèlement au travail de ses enquêteurs en Syrie, l’OIAC, dont le mandat consiste à superviser l’application de la Convention pour l’interdiction des armes chimiques, tient lundi une réunion d'urgence sur la situation dans le pays.

La rencontre a lieu au niveau du conseil exécutif de l'agence, qui compte 41 membres sur les 192 affiliés.

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