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Les États-Unis octroient une aide militaire record à Israël

Malgré les tensions, les États-Unis vont verser à Israël une aide militaire sans précédent de 38 milliards de dollars sur 10 ans, en vertu d'un accord signé mercredi.

Cette aide permettra notamment à Israël de moderniser la majeure partie de ses avions et de renforcer son dispositif antimissile, appelé Dôme de fer (Iron Dome).

Elle dépasse toutes celles que Washington a allouées jusqu'ici, quel qu'en soit le bénéficiaire. L'accord est toutefois assorti de concessions importantes de la part du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, qui réclamait à l'origine une somme encore plus importante.

M. Nétanyahou s'est ainsi engagé à ne pas demander de fonds supplémentaires au Congrès au-delà de ce qui est convenu annuellement dans le cadre de ce plan. Le Congrès ne pourra débloquer des fonds supplémentaires qu'en cas d'urgence, comme une guerre.

Israël promet aussi de mettre fin progressivement à une disposition qui permettait depuis les années 1980 à l'État hébreu d'utiliser une partie de l'aide américaine (26,3 % aujourd'hui) pour financer sa propre industrie de défense. Israël devra dorénavant utiliser l'argent américain pour acheter des systèmes militaires américains.

Ce document, fruit de longues tractations dans un climat de rare défiance, « constitue le plus important engagement d'assistance militaire bilatérale dans l'histoire des États-Unis », s'est félicité le président Obama dans un communiqué de la Maison-Blanche.

Des relations tendues

Le texte a été signé à Washington par Jacob Nagel, directeur par intérim du conseil israélien de sécurité nationale, et par le sous-secrétaire d'État américain Thomas Shannon.

Près de dix mois de négociations ont été nécessaires et elles ont mis en lumière les divergences entre Benyamin Nétanyahou et Barack Obama, notamment sur le nucléaire iranien et la question palestinienne.

Les tensions étaient palpables à chacune de leurs rencontres ces dernières années. Ils avaient toutefois joué l'apaisement en novembre dans le bureau ovale, en insistant sur la solidité des liens entre leurs pays.

La crise avait culminé en mars 2015, lors des négociations entre les grandes puissances et l'Iran sur le programme nucléaire iranien. M. Nétanyahou était venu à Washington pour critiquer l'accord promu par le président américain.

Cette fois, le chef du gouvernement israélien a jugé qu'il valait mieux s'entendre avec Barack Obama, qui quittera la Maison-Blanche en janvier prochain, plutôt que de prolonger l'incertitude en espérant de meilleures conditions avec celui ou celle qui lui succédera, dit-on à Washington et à Jérusalem.

Selon son entourage, Barack Obama souhaitait pour sa part obtenir un nouvel accord avant la fin de sa présidence, le jugeant important pour son bilan. Les républicains accusent régulièrement le président américain de se soucier trop peu de la sécurité d'Israël.

Le nouveau plan sur 10 ans, qui entrera en vigueur à l'expiration du programme actuel en 2018, doit permettre à Israël de conserver un « avantage militaire qualitatif » sur ses voisins, comme l'exigent les résolutions du Congrès américain.

Il prévoit le versement annuel de 3,3 milliards de dollars de crédits militaires, qui doivent financer l'achat de matériel américain, et de 500 millions de dollars pour la défense antimissile (notamment le Dôme de fer), qui est pour la première fois intégrée à l'ensemble.

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