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Les étudiants étrangers continuent de choisir le Québec

L'automne dernier, plus de 38 000 étudiants internationaux étaient inscrits dans des programmes universitaires réguliers. On en comptait environ 25 000 en 2009, ce qui correspond à une augmentation de 50 % en six ans.

Un texte de Anne-Louise Despatie

Ainsi, un étudiant sur huit fréquentant les universités québécoises n'est pas citoyen canadien ni résident permanent. Les universités québécoises se donnent d'ailleurs beaucoup de mal pour attirer davantage d'étudiants étrangers.

Leur nombre augmente d'année en année, si bien qu'un kiosque d'accueil est installé à l'aéroport de Montréal de la mi-août à la mi-septembre. Ce service assure à ceux qui s'inscrivent des formalités de douanes et d'immigration plus rapides. Une dizaine de préposés se relayent pour répondre aux questions concernant le logement, les transports ou les services bancaires.

Les universités québécoises courtisent les étudiants étrangers depuis plusieurs années déjà, tout comme l'Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis. L'apport des étudiants internationaux ne se mesure pas uniquement du point de vue financier. Les universités québécoises ne conservent que 10 % des droits de scolarités versés par les étrangers, le reste retourne au ministère de l'Enseignement supérieur.

« À l'Université de Montréal, seulement 7,5 % de nos étudiants ont une expérience internationale dans leur cursus. Ce n'est pas assez. Dans la société du futur, on a besoin de gens qui parlent plusieurs langues et une façon d'améliorer cela, c'est d'en accueillir ici. », explique M. Lefebvre.

Près de 40 % des étudiants internationaux au Québec viennent de France. On ne mesure pas encore l'impact global qu'aura l'augmentation des droits de scolarité qu'ils ont subie en 2015. Certaines institutions ont connu une baisse, mais pour d'autres, les demandes d'admission provenant de France se maintiennent.

L'Université de Montréal a vu une diminution des inscriptions du nombre d'inscriptions au premier cycle chez les étudiants français, mais qui serait compensée par les programmes de 2e et 3e cycles où les droits de scolarité sont restés les mêmes. L'institution développe aussi des liens avec d'autres pays, comme la Chine et le Brésil.

Étudiants aujourd'hui, immigrants demain

Il y a peu de données qui mesurent le taux de rétention de ces étudiants internationaux. Mais parmi ceux qui viennent étudier au Québec, il y en a qui restent ou qui reviennent. Entre 2011 et 2015, près de 20 000 immigrants permanents admis au Québec avaient déjà eu un permis d'études.

Ici pour un an; pourra-t-on les convaincre de rester?

Lihang Li a 25 ans. Elle est étudiante de deuxième cycle et arrive de l'Institut international de diplomatie de Pékin pour étudier à l'Université de Montréal. Elle a appris le français en Chine.

« Avant de venir ici, j'ai fait une petite recherche sur la cohabitation des deux langues et je me suis dit : pourquoi ne pas y aller pour regarder de mes propres yeux », explique-t-elle.

Lihang Li a fait une demande pour une place en résidence. Elle a dû rassurer ses parents sur son alimentation. « Ils s'inquiétaient que je ne trouve pas de riz », dit-elle en riant.

Il ne lui reste plus qu'à apprendre à s'orienter sur le campus et, au besoin, elle trouvera rapidement une aide courtoise.

Ayla Gomes, une Brésilienne de 21 ans, passera deux sessions à l'Université de Sherbrooke en études littéraires et culturelles.

Elle fait un baccalauréat en production culturelle à l'Université fédérale Fluminense dans l'État de Rio de Janeiro. Grâce à l'aide financière de ses parents, elle peut participer au programme d'échange qui la mène à Sherbrooke.

Le Québec s'est imposé parce qu'elle veut améliorer sa connaissance du français, tout en suivant des cours de littérature et d'arts. Elle compte retourner au Brésil après son expérience et l'hiver québécois qu'elle appréhende un peu.

Madeleine Risselet aurait pu poursuivre son programme en écogestion en Espagne ou en Chine, mais elle a choisi de le faire à l'Université du Québec à Montréal.

À 19 ans, c'est son premier séjour seule à l'étranger, mais elle se dit très rassurée par la réputation dont jouissent les Québécois au chapitre de l'accueil. Étant dans un programme d'échange, elle n'est pas touchée par la hausse des droits de scolarité qu'ont subie les Français inscrits dans les programmes de premier cycle à partir de l'automne 2015.

Elle arrive sans avoir de logement, mais elle a déjà sa casquette du Canadien, cadeau d'une cousine. Elle espère se trouver rapidement une colocation.

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