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Les évacuations de blessés ou de civils syriens retardées à Alep

Les huit couloirs humanitaires mis en place pour évacuer les blessés ou les civils dans la partie d'Alep aux mains des rebelles restent déserts, malgré la trêve humanitaire décrétée par Moscou. L'ONU a annoncé vendredi que les évacuations étaient retardées.

L'Organisation des Nations unies explique cette décision par le fait que les assurances concernant les conditions de sécurité n'étaient pas remplies pour procéder aux évacuations. Le personnel d'aide d'urgence n'a pas pu se rendre sur le terrain, affirme le bureau de coordination des Affaires humanitaire de l'ONU. 

Aucun passage n'a été enregistré jusqu'à présent dans ces corridors, que ce soit parmi la population civile ou les rebelles, selon le chef de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. Ce dernier a relevé des accrochages sur la ligne de front dans la vieille ville et dans le quartier d'Al-Zahra.

Parmi les huit couloirs humanitaires, six sont réservés aux civils, aux malades et aux blessés, et deux sont prévus pour le retrait de rebelles armés, selon l'armée russe.

L'armée syrienne a annoncé jeudi l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu unilatéral pour permettre à la population et aux rebelles de quitter les quartiers assiégés de l'est d'Alep, la deuxième ville de Syrie.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, avait dès jeudi accusé les rebelles syriens de ne pas respecter le cessez-le-feu et d'empêcher l'évacuation de la population.

Accusés par l'Union européenne (UE) de commettre des crimes de guerre à Alep, le régime du président Bachar Al-Assad et son allié russe avaient déjà suspendu les bombardements mardi.

Durée de la trêve floue

L'Organisation des Nations unies (ONU), qui estime que 200 personnes blessées ou malades ont besoin d'être évacuées d'urgence, avait pourtant bon espoir de pouvoir sortir vendredi les premiers civils des quartiers rebelles d'Alep, où résident environ 250 000 habitants.

La durée de la trêve humanitaire reste floue, la Russie a annoncé une prolongation jusqu'à vendredi soir, alors que l'ONU a affirmé que Moscou la maintiendrait jusqu'à samedi soir.

Du côté de la Coalition nationale syrienne (CNS) - l'opposition syrienne en exil - et des rebelles de l'Armée syrienne libre, on déplore que le plan de l'ONU n'inclue pas l'acheminement d'aide humanitaire et qu'il se concentre sur l'évacuation d'un nombre limité des blessés les plus graves.

L'armée syrienne, elle, accuse la Turquie d'agression flagrante après les bombardements de jeudi au nord d'Alep contre des milices kurdes. Elle prévient qu'elle fera face à toute tentative de l'aviation turque de violer à nouveau l'espace aérien avec tous les moyens disponibles.

Depuis le 23 septembre, les bombardements ont fait quelque 500 morts et 2000 blessés, selon le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

Des crimes de « portée historique »

Le haut-commissaire aux droits de l'homme des Nations unies a dénoncé, lors d'une session spéciale du Conseil des droits de l'homme sur la situation humanitaire à Alep, des « crimes de portée historique » qui ont lieu en ce moment en Syrie.

Zeid Raad Al-Hussein accuse toutes les parties de violations des lois humanitaires internationales qui représentent des crimes de guerre, selon lui.

À l'issue de la réunion spéciale, une résolution doit être soumise au vote des membres du Conseil, mais la Russie fera tout pour empêcher une condamnation du régime syrien.

Depuis le début du conflit en mars 2011, 300 000 Syriens ont été tués, a rappelé le haut-commissaire, qui martèle qu'Alep est aujourd'hui un « abattoir ». Zeid Raad Al-Hussein parle d'attaques délibérées et répétées contre des hôpitaux, des écoles, des marchés et des stations d'épuration d'eau.

Il a appelé le Conseil de Sécurité de l'ONU à mettre de côté ses rivalités et à agir d'une seule voix.

Quant au président de la Commission d'enquête internationale sur la Syrie, Paulo Sergio Pinheiro, il a demandé à nouveau que le Conseil de sécurité porte le conflit syrien devant la Cour pénale internationale. Ce qui est toutefois peu probable, le Conseil étant divisé et la Russie continuant de protéger son allié syrien.

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