Les évacuations à Alep-Est, qui allaient bon train depuis jeudi, ont été suspendues vendredi, pour des raisons qui diffèrent d'une partie à l'autre.

Une source officielle syrienne a imputé la responsabilité de l’interruption des opérations aux insurgés qui auraient tenté de s'enfuir avec des otages et avec des armes dissimulées dans leurs bagages.

Les rebelles ont démenti ces informations, tout en dénonçant l'obstruction faite par les Iraniens et les groupes chiites affiliés à Téhéran aux efforts d’évacuations.

Le Hezbollah a réitéré son exigence d'évacuer des blessés pris au piège dans deux villages, Foua et Kefraya, situés dans la province d'Idlib. Ce point figure dans l’accord de cessez-le-feu conclu mercredi. Des groupes rebelles affirment pourtant qu’ils avaient accepté cette condition.

Pendant que les différentes parties s’accusent mutuellement, les agences humanitaires impliquées dans les évacuations ont été invitées à quitter le secteur sans explication, selon l'Organisation mondiale de la santé.

Des milliers d'évacués jusqu'ici

Il resterait environ 40 000 civils dans Alep-Est et entre 1500 et 5000 combattants et leurs familles, d’après l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura.

Depuis jeudi, environ 8500 personnes, dont 3000 combattants, ont été évacuées vers des territoires sous contrôle rebelle, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Les médias officiels syriens parlent de 8000 évacués.

Pour sa part, l'UNICEF estime que plus de 2700 enfants avaient quitté Alep-Est au cours des dernières 24 heures, mais l'organisation pense que plusieurs centaines d'autres sont encore piégés dans l'enclave.

Obama accuse Damas, Moscou et Téhéran

Lors d’une conférence de presse vendredi, le président américain a imputé la responsabilité du bain de sang à Alep à Bachar Al-Assad et ses alliés russes et iraniens.

La responsabilité de cette brutalité se trouve à un seul endroit : le régime d'Assad et ses alliés, la Russie et l'Iran. Et le sang versé est sur leurs mains et ils sont responsables des atrocités commises.

Le président américain Barack Obama

« Assad ne peut pas gagner sa légitimité à coup de massacres », a ajouté Barack Obama, qui a réclamé le déploiement d'« observateurs impartiaux » à Alep pour superviser les opérations d’évacuation.

Le président américain a reconnu l’échec de la diplomatie, dont la sienne, dans la crise syrienne. « Je ne peux pas affirmer qu'on a réussi [en Syrie] et c'est une chose qui est également vraie avec d'autres problèmes dans le monde [...] ».

Poutine veut prendre l’initiative diplomatique

En visite au Japon, le président russe a fait part de sa volonté de relancer les négociations de paix. Il a déclaré que son objectif est désormais d'établir un cessez-le-feu dans l'ensemble de la Syrie.

Vladimir Poutine a ajouté qu'il s'était entendu avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan pour proposer l'organisation de nouvelles négociations de paix à Astana, la capitale du Kazakhstan. « Il est temps de passer à une résolution politique du conflit syrien », a-t-il insisté.

Un haut responsable de l'opposition syrienne, Ryad Hidjab, a dit être prêt à participer à ces discussions si le but est de mettre en oeuvre un gouvernement de transition. Bachar Al-Assad exclut de quitter le pouvoir dans le cadre d'une résolution politique du conflit.

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