Retour

Les familles d'accueil autochtones discriminées par rapport aux autres

Combien reçoit une famille d'accueil au Québec pour s'occuper d'un enfant? Un minimum de 71 $ par jour, selon les barèmes de la Fédération des familles d'accueil et ressources intermédiaires du Québec. Mais pour une famille d'accueil autochtone, cela peut être deux fois moins.

Un texte de Anne Panasuk

Le montant de 71 $ est établi depuis que les familles ont pu se regrouper et négocier une convention collective, il y a trois ans. Mais une famille d'accueil autochtone vivant dans une réserve, dûment accréditée par le Québec en vertu de la même loi et des mêmes critères, ne reçoit pas nécessairement ce montant.

Ainsi, une famille d'accueil innue de la Côte-Nord, qui s'occupe d'une petite Émilie de deux ans, reçoit deux fois moins : 31,36 $ par jour. Si l'enfant était placée au village voisin, sa famille d'accueil québécoise recevrait la somme de 71 $.

Mais si la famille d'accueil est blanche et québécoise et qu'elle reçoit un enfant autochtone des réserves de la Côte-Nord, combien recevra-t-elle?

Autrement dit, si Émilie était placée au village voisin, sa famille d'accueil serait mieux payée qu'ici, à la réserve.

Pourquoi cette différence de traitement?

Une famille québécoise est payée par le Québec, tandis que la famille autochtone est payée par le gouvernement fédéral. Même si c'est Québec qui lui donne son accréditation.

De plus, les barèmes ne sont pas les mêmes. Lorsqu'il y a eu changement à la loi, il y a trois ans, et que les familles d'accueil ont négocié une convention collective, les Autochtones ont été oubliés. Il n'y a pas eu de consultation entre le fédéral, la province et les Autochtones.

Les familles d'accueil autochtones, pourtant en grand manque, sont tombées dans un trou administratif qui les empêche d'obtenir la même rétribution. Vingt communautés autochtones du Québec sont actuellement dans cette situation, et ironiquement, ce sont celles qui ont pris en charge une partie de leurs services sociaux plutôt que de dépendre entièrement des Centres de protection de l'enfance et de la jeunesse (CPEJ). Comme si l'autonomie amenait le sous-financement.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une tempête de neige au Colorado rend la conduite difficile





Rabais de la semaine