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Les FARC dévoilent leur nouveau parti politique

Depuis l'accord de paix historique conclu en novembre dernier avec le gouvernement, la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) a amorcé sa conversion en parti politique légal.

Des milliers de sympathisants se sont réunis vendredi à Bogota pour souhaiter la bienvenue au nouveau parti politique, tandis que la dernière guérilla active du pays, l'Armée de libération nationale (ELN), a de nouveau prolongé ses pourparlers avec le gouvernement.

L'ancienne guérilla des FARC a déposé les armes, demandé pardon pour ses crimes, et même changé de nom, devenant maintenant la Force alternative révolutionnaire commune, afin de préserver son acronyme et son identité révolutionnaire.

« Nous laissons les armes pour faire de la politique par des voies pacifiques et légales, nous voulons construire avec vous tous et toutes un pays différent », a déclaré le chef de l'ancienne rébellion marxiste, Rodrigo Londoño, connu sous le surnom de Timochenko.

Accueilli sur la place Bolivar par la foule qui scandait « Timo, Timo », il a rappelé la proposition des FARC de mettre sur pied un gouvernement de transition jusqu’à l’élection présidentielle de 2018, où le parti entend soutenir un candidat capable de garantir l’application de l’accord de paix.

« Nous soutiendrons résolument un candidat qui sera disposé à protéger l'accord, à empêcher qu'il soit affecté », a-t-il martelé.

Le chef a également de nouveau demandé pardon pour les atrocités commises par les FARC durant le conflit, qui a perduré pendant plus d’un demi-siècle.

Quelques heures plus tôt, des centaines d'anciens combattants et militants communistes clandestins avaient marché vers la place Bolivar, brandissant des roses rouges, symbole du nouveau parti, prêt à disputer le pouvoir à la droite libérale et conservatrice qui domine le pays.

Rodrigo Londoño a appelé à former « un mouvement de mouvements » pour continuer de promouvoir les causes défendues par l'ex-guérilla, soit la justice sociale, la réforme agraire, et un accès gratuit aux soins de santé et d'éducation, s'abstenant toutefois de se réclamer des idéaux communistes jadis promus par les FARC.

Il a également mis l'accent sur la lutte contre la corruption et le patriarcat, et sur une meilleure intégration des populations marginalisées, comme les homosexuels, les Noirs et les Autochtones.

Réunis en congrès depuis dimanche à Bogota, plus de 1200 délégués ont défini la ligne, les statuts, le nom et le nouveau logo du mouvement : une rose rouge ornée d'une étoile en son centre, avec les lettres FARC inscrites en vert.

Les candidats qui se présenteront aux élections doivent être désignés prochainement par les 111 membres élus en congrès pour former la direction nationale du parti.

L'accord de paix garantit à la FARC cinq sièges dans chacune des deux chambres du Parlement pour une durée de deux mandats, mais l'ex-guérilla a déjà indiqué qu'elle espérait accroître sa représentation dès les prochaines élections.

« Nous avons intégré la vie politique légale parce que nous voulons être un gouvernement ou en faire partie », a souligné le négociateur des FARC lors des pourparlers de paix, Ivan Marquez.

Malgré cette conversion, les ex-guérilleros devront répondre de leurs crimes devant la justice spéciale de paix, qui prévoit des peines alternatives à la prison s'ils disent la vérité, dédommagent les victimes et s'engagent à ne plus avoir recours à la violence.

Faire la paix pour le pape

Samedi, le gouvernement colombien et l'Armée de libération nationale (ELN) ont à nouveau prolongé leurs discussions de paix, qui visent à instaurer un cessez-le-feu le temps de la visite du pape François, la semaine prochaine.

La fin de ce troisième tour de pourparlers était d’abord prévue pour vendredi, puis samedi, et a maintenant été repoussée à lundi, a annoncé le gouvernement de Juan Manuel Santos, sans toutefois en donner la raison.

Les négociateurs des deux parties avaient annoncé lundi qu'ils étaient « déterminés » à conclure un cessez-le-feu provisoire avant l'arrivée du pape François en Colombie le 6 septembre.

Deux attentats attribués à l’ELN survenus cette semaine ont toutefois compliqué les discussions, qui se tiennent depuis février.

Depuis l'accord de paix conclu entre les FARC et le gouvernement, l'ELN est la dernière guérilla active de Colombie. Les autorités estiment qu'elle compte encore environ 1500 combattants.

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