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Les femmes enceintes devraient éviter le cannabis, selon les gynécologues

Des experts en santé mettent en garde que la légalisation du cannabis pourrait exacerber les problèmes de naissances prématurées et de bébés de faible poids en Alberta.

La province a les plus hauts taux du pays dans ces deux catégories, selon l’Institut canadien d’information sur la santé. Ces statistiques ont peu bougé depuis des années, malgré les efforts des professionnels de la santé pour améliorer la santé maternelle et des enfants, selon le Dr Duncan McCubbin, obstétricien basé à Medecine Hat.

Selon lui, le cannabis est décrit comme étant sécuritaire, ce qui pourrait encourager plus de femmes à en consommer durant leur grossesse une fois qu'il sera légalisé.

La recherche sur la sécurité médicale du cannabis pour les femmes enceintes et leurs bambins n’a pas subi le test des études randomisées.

Aucune étude randomisée n’a été réalisée sur la sécurité médicale du cannabis pour les femmes enceintes et leurs enfants, un standard dans la recherche médicale. De plus, il serait éthiquement difficile de réaliser ces tests en évitant les conséquences négatives pour les participantes et leur foetus, selon le Dr McCubbin.

Un manque de preuves

Ce manque de preuves ne signifie pas que le cannabis est sécuritaire. Des études ont démontré que la consommation de cannabis pourrait causer du tort aux femmes enceintes età leur enfant. « Nous n’avons pas encore réussi à résoudre le problème des bébés prématurés, mais nous connaissons les facteurs de risque, comme le fait de fumer ou un statut socioéconomique plus bas », indique Dr Duncan McCubbin. « Nous n’avons simplement pas encore la preuve que le cannabis ne va pas empirer la situation. »

La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada a mis en garde les personnes en âge de procréer et les femmes enceintes ou qui allaitent.

Selon l’organisation, la composante psychoactive du cannabis, le THC, peut pénétrer dans le placenta et le lait maternel, qui nourrissent les foetus et les bambins. Des études ont démontré que cela pourrait causer des problèmes, comme une naissance prématurée, un faible poids à la naissance, un test de quotient intellectuel plus bas, de l’impulsivité et de l’hyperactivité durant l’enfance.

Jacqueline Smith, professeure adjointe en infirmerie à l’Université de Calgary, étudie l’effet du cannabis sur les adolescents et les jeunes adultes. Elle cite une étude britannique qui démontre des liens entre l’exposition des foetus au cannabis dans l’utérus et un poids plus faible à la naissance.

Selon Jacqueline Smith, une consommation accrue de cannabis par les femmes enceintes pourrait accentuer ce problème en Alberta. La province a déjà l’un des plus hauts taux de consommation de cigarette au pays. Des études ont prouvé que la fumée de cigarette diminue la taille du placenta en vieillissant prématurément l’organe, dont dépendent les foetus pour se nourrir.

« C’est comme un filtre et les bébés qui n’ont pas un bon placenta ne grandissent pas. Ils sont plus petits qu’ils ne devraient l’être », affirme Dr Duncan McCubbin.

Apprendre des erreurs du passé

L’obstétricien rappelle que dans le passé, les experts en santé croyaient que l’alcool et la thalidomide étaient de bons traitements contre une naissance prématurée.

Cependant, la thalidomide a causé des problèmes de santé et des déformations graves aux enfants, tandis que la consommation d’alcool durant la grossesse peut causer le syndrome de l’alcoolisme foetal.

« Nous avons découvert que ce ne sont pas de bonnes options. Alors les pessimistes diront que la consommation de cannabis durant la grossesse pourrait causer le même genre de désastre pour la prochaine génération d’enfants », affirme le Dr McCubbin. Mieux vaut donc être plus prudents en évitant d’en consommer, selon lui.

Jacqueline Smith et lui espèrent qu’une partie des fonds générés par la vente de cannabis sera redirigée vers la recherche en santé.

D'après les informations de Jennifer Lee, CBC News.

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