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Les Floridiens s'attaquent aux dégâts laissés par Irma

Des véhicules d'urgences qui zigzaguent pour éviter les troncs de palmiers. Des débris qui jonchent le sol, laissés derrière par les inondations qui se sont résorbées. Et des canards qui ont élu domicile dans une grande flaque d'eau en plein milieu d'une rue. C'est l'après-Irma à Miami.

Un texte de Christian Noël, envoyé spécial en Floride

John est accoudé au cadre de la porte d’entrée de son appartement, près de la côte. Un cocotier déraciné est suspendu de façon précaire au-dessus de sa tête.

« Ce n’est pas très sécuritaire, admet-il. L’arbre pourrait tomber à tout moment. »

John a d’autres préoccupations plus pressantes. Son appartement a été inondé durant la tempête. Il est désemparé.

« C’est arrivé subitement, ça m’a pris par surprise. Je courrais partout dans la maison pour essayer de mettre mes effets personnels à l’abri. Mais je n’ai pas réussi à tout sauver. »

Maintenant, il vit dans un appartement détrempé, et se demande qui paiera la facture.

Retour des évacués

À Miami Beach, l’ordre d’évacuation a été levé. Mark Stein revient chez lui pour la première fois depuis l’ouragan Irma. « On dirait qu’une bombe a explosé devant chez moi, regardez tous ces débris. »

Sur le côté de la maison, la clôture du voisin s’est effondrée. La cour arrière est remplie de branches de manguiers et de palmiers. Au grand bonheur de son chien Bruno, qui a maintenant une multitude de bâtons de bois à mâchouiller.

Puis, le moment de vérité est arrivé. Mark ouvre la porte d’entrée… l’eau s’est arrêtée juste sur le seuil! Mark lâche un rire nerveux pour laisser sortir le stress. « La maison n’est pas en mauvais état, mais ça prendra quand même deux jours pour tout nettoyer à l’extérieur. »

« Notre contreplaqué nous porte chance! »

Dans l’artère commerciale de Miami Beach, on retire les panneaux de protection. On nettoie les trottoirs. Les restaurateurs se hâtent pour rouvrir bientôt. James et son équipe retirent les contreplaqués.

« Ça fait 20 ans qu’on utilise les mêmes. Ils sont un peu endommagés, mais ils nous portent chance on dirait. Nous avons encore de l’électricité, l’eau ne s’est pas infiltrée à l’intérieur. » Si tout va bien, ils pourront accueillir à nouveau les clients jeudi. « Il est à peu près temps, dit James. Ça fait quatre jours d’affaires qu’on a perdus. »

L’enfer au paradis

La plage sud de Miami Beach est normalement bondée de monde, avec des dizaines de milliers de parasols multicolores. Aujourd’hui, il n’y en a qu’un seul qui trône au milieu du sable comme un drapeau de conquérant. À peine 50 personnes jouent dans les vagues.

Les touristes reviennent peu à peu, mais le voyage en Floride de Nicholas et de sa copine n’a rien eu de paradisiaque. « C’était horrible. Nous avons été forcés de dormir dans la rue. Notre hôtel a été évacué. Notre refuge aussi. »

Aujourd’hui, il se rend à la plage, non pas pour profiter du soleil et des vagues, mais pour venir se laver aux douches publiques extérieures, entre les dunes et les trottoirs.

« Nous allons devoir nous déshabiller, en sous-vêtements, ici, en public. Ça fait quatre jours qu’on ne s’est pas lavé. »

Le sable a protégé la ville

Bill vit à Miami Beach depuis 20 ans. Il est resté ici pendant l’ouragan.

« C’est le sable qui a protégé Miami Beach des inondations, dit-il. Les dunes ont empêché l’eau de se déverser dans l’artère commerciale. La nature fait bien les choses quand on la respecte. »

Bill profite aujourd’hui de sa plage, sans les milliers de touristes. Il prévoit même aller faire du surf un peu plus tard.

En Floride, dit-on, dans le Sunshine State, le soleil finit toujours par triompher.

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