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Les fonds pour la recherche sur les changements climatiques presque épuisés en Atlantique

Des chercheurs de l'Institut océanographique de Bedford s'inquiètent pour l'avenir de leurs recherches sur les changements climatiques. Les fonds disponibles pour leurs travaux seront épuisés dans quelques semaines.

Le Programme des services d'adaptation aux changements climatiques en milieu aquatique a été créé par Pêches et Océans Canada en 2011. Il réunissait un groupe de chercheurs qui s'intéressaient exclusivement à l'impact des changements climatiques sur la région atlantique.

John Loder est l'un des chercheurs qui ont contribué à la création du programme. Il a pris sa retraite il y a deux semaines après 35 ans de service à Pêches et Océans, mais il continue de contribuer à des recherches qu'il juge essentielles.

L'ancien gouvernement de Stephen Harper n'avait pas reconduit le financement pour ces recherches. Les chercheurs espèrent toutefois que le nouveau gouvernement aura une oreille plus attentive. Ils ont présenté, lundi, un résumé des recherches qu'ils ont menées jusqu'ici, accompagné d'arguments pour le renouvellement du financement, dans le prochain budget fédéral.

Le crabe des neiges très vulnérable, selon les recherches

Dans cette documentation, ils font notamment mention du système qu'ils ont mis au point pour détecter les espèces marines les plus vulnérables au réchauffement des océans, comme le crabe des neiges.

« Il se trouve que le crabe des neiges est très vulnérable, compte tenu des projections sur le réchauffement [des océans] », affirme Christine Stortini, doctorante de l'Université Queens qui a fait partie de l'équipe de recherche. « L'échelle des températures qu'il peut tolérer est plutôt mince et ils sont déjà à l'extrémité sud de cette échelle. »

Le groupe de chercheurs a bon espoir d'influencer le gouvernement Trudeau, qui a fait de l'étude des changements climatiques l'une de ses priorités.

Des coûts plus élevés si on ne se prépare pas aux changements

Un autre membre de l'équipe, Blair Greenan, qui se spécialise dans les marées de tempête, rappelle que le Canada compte 1078 ports de pêche commerciaux et qu'il en coûterait des milliards de dollars pour les remplacer s'ils étaient détruits par la montée des océans.

« Nous pouvons mieux dépenser l'argent des contribuables en étant conscients de ces conséquences et en nous y préparant. Il est prouvé qu'en s'adaptant à la montée des océans, cela coûte moins cher que si on réagit après coup. »

Le directeur scientifique régional de Pêches et Océans en Atlantique, Alain Vézina, affirme que les travaux des chercheurs vont se poursuivre autrement, si le financement n'est pas renouvelé.

« Nous avons des programmes de surveillance, nous avons des gens qui font de la recherche sur les changements climatiques dans le cadre de leurs activités normales, tout cela va continuer, précise-t-il. Le programme nous permet simplement [...] de rassembler plus d'information et de développer des produits plus avancés. »

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