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Les forces kurdes consolident leur présence aux portes de Mossoul

Les combattants kurdes irakiens ont annoncé mardi avoir repris l'essentiel de la ville de Bachika, faisant sauter l'un des derniers verrous du groupe armé État islamique (EI) aux portes de Mossoul.

Située à une douzaine de kilomètres au nord-est du bastion de l'EI dans le nord de l'Irak, Bachika était l'un des objectifs fixés aux peshmerga par la coalition. Elle a été prise d'assaut lundi, après un siège d'environ deux semaines.

Bachika est « sous le contrôle total » des peshmerga, a assuré un responsable de la région autonome du Kurdistan, Jabbar Yawar. Ces derniers « sont en train de ratisser la ville et de la déminer », a-t-il précisé.

Ces opérations s'avèrent délicates, dans la mesure où les combattants de l'EI ont l'habitude, lorsqu'ils sont acculés, de mener des attaques kamikazes et de piéger les rues et les maisons avec des explosifs.

« Le matin, il y avait des terroristes cachés dans des maisons, ils voulaient prendre la fuite [...] 13 d'entre eux ont été tués », a relaté M. Yawar, ajoutant que cinq autres avaient été blessés à l'intérieur de tunnels souterrains.

« Environ 5 % de la localité se trouve toujours sous contrôle de Daech », précise pour sa part le général Sayyed Hajjar, en utilisant l'acronyme arabe de l'EI.

« Il y a une partie [de la localité] avec des kamikazes et des francs-tireurs », confirme le colonel Dilshad Mawlud, un responsable média des peshmerga. « Les combattants de Daech se déplacent dans des tunnels. »

Une journaliste de l'AFP à la périphérie de Bachika affirme que trois raids aériens ont été menés, mardi, sur la localité. Il rapporte également avoir entendu des tirs et une explosion, que les peshmerga ont attribuée à un attentat-suicide.

La région de Bachika abrite une base militaire où des forces turques ont été déployées par Ankara, sans l'assentiment de Bagdad.

Le nombre de victimes s'allonge

Les forces irakiennes continuent pour leur part de traquer les djihadistes de l'EI dans les quartiers de l'est de Mossoul, où ils sont entrés la semaine dernière. Ils se dirigent lentement vers le centre et le fleuve Tigre, qui traverse la ville.

Au sud, d'autres unités irakiennes se rapprochent de la périphérie après avoir pris lundi la ville de Hammam al-Alil, à une quinzaine de kilomètres. Depuis lundi, elles bénéficient de l'appui d'hélicoptères Apache de l'armée américaine, utilisés pour détruire des véhicules bourrés d'explosifs de l'EI, selon le Pentagone.

Selon une porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Ravina Shamdasani, les combattants de l'EI ont contraint 1500 familles de Hammam al-Alil à se retirer avec eux la semaine dernière.

Elles ont aussi enlevé 295 ex-membres des forces de sécurité irakienne à Mawali, un village situé à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Mossoul, et dans des villages proches du Tal Afar, au sud-ouest de la ville.

Selon Mme Shamdasani, ces victimes seraient soit utilisées comme « boucliers humains », soit exécutées.

L'armée irakienne a pour sa part annoncé avoir découvert une fosse commune contenant une centaine de squelettes à Hammam al-Alil. Les victimes ont été décapitées, selon l'armée. Des médecins légistes de Bagdad doivent venir étudier le site mardi.

L'OHCHR n'a pu confirmer ces informations, mais a souligné que le présumé charnier se trouve près du collège agricole de la ville, où l'ONU a signalé que 50 officiers de police avaient été exécutés le mois dernier.

L'Organisation internationale pour les migrations rapporte par ailleurs que 34 000 civils ont été déplacés depuis le début de l'offensive sur Mossoul. Il s'agit d'un chiffre « plus faible qu'attendu », même si « les forces irakiennes n'ont pas encore atteint les quartiers les plus peuplés de Mossoul », a souligné un responsable américain.

Selon des estimations, entre 1 et 1,5 million d'Irakiens vivaient sous le joug de l'EI à Mossoul au début de l'offensive irakienne.

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