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Les forêts de plantation nuisent aux populations d’oiseaux

Au Nouveau-Brunswick, l'intensification de la coupe forestière menace l'intégrité naturelle des forêts. Une étude sur le déplacement des oiseaux migrateurs confirme que les plantations homogènes nuit encore plus à la biodiversité qu'on l'imaginait.

La forêt au Nouveau-Brunswick représente 85 % de tout le territoire de la province. Ce n’est donc pas étonnant que l’industrie forestière en soit l’un des moteurs économiques. Mais comme ailleurs au pays, l’industrie a périclité, ce qui a mené à de nombreuses pertes d’emplois.

En 2014, le gouvernement du Nouveau-Brunswick veut donner un nouveau souffle à son industrie. Il annonce alors une augmentation de 20 % des allocations de coupe du bois résineux sur les terres de la Couronne, qui représentent la moitié de la province. La nouvelle stratégie a également réduit de 7 % la superficie des terres de la Couronne protégées complètement ou en partie. Un gain pour l’industrie. « On met l’accent sur la coupe de bois, faire rouler nos usines, créer plus d’emplois. C’est un choix politique qui a été fait par les gouvernements », précise Roger Roy, professeur en gestion intégrée des forêts à l’Université de Moncton.

Depuis ce changement, les Premières Nations ont lancé un recours judiciaire. De leur côté, des écologistes dénoncent le manque de protection conférée à la biodiversité dans les forêts.

Quand on survole le Nouveau-Brunswick, ce qui frappe c’est que non seulement il y a des coupes à blanc et énormément de plantations, mais il y a très peu de vieilles forêts. Presque chaque mètre carré de forêt a été touché par l'homme à un moment donné.

Marc-André Villard, doyen de la recherche à l'Université du Québec à Rimouski

À la fin juin, dans une forêt de la région d’Edmundston, dans le nord-ouest de la province, le biologiste Marc-André Villard mène avec ses étudiantes une recherche unique : il tente de percer le secret des déplacements des oiseaux dans les forêts. Il étudie plus particulièrement ces petits oiseaux migrateurs qui viennent peupler nos forêts pendant l’été. C’est le cas de la paruline couronnée qui niche dans nos régions et qui passe l’hiver en Amérique centrale et dans les Caraïbes.

L’équipe installe des filets pour attraper l’oiseau. À l’aide d’un système de son qui imite le chant de l’oiseau, en quelques secondes, une paruline se retrouve coincée dans le filet. L’objectif est de fixer un émetteur à l’oiseau et de le transporter à environ 25 km, au-delà d’une grande plantation d’épinettes noires. Marc-André Villard veut savoir comment l’oiseau se comporte lorsqu’il arrive face à une forêt de plantation. La réponse viendra quelques heures plus tard.

Voici comment l'équipe s'y prend pour capturer les oiseaux :

Il semble que les oiseaux qui tentent de revenir à leur territoire, en arrivant devant ces grandes zones de plantations-là, sont freinés dans leur mouvement.

Marc-André Villard, doyen de la recherche à l'Université du Québec à Rimouski

Selon le chercheur, les espaces de plantations ont un impact important sur les populations d’oiseaux, contrairement aux massifs forestiers de feuillus naturels, où les oiseaux y sont plus adaptés et donc voyagent mieux. Selon M. Villard, les résultats de son étude prouvent que plus on intensifie les coupes et plus l’industrie reboise avec les mêmes espèces d’arbres, plus il y a un impact sur les espèces.

« Cette intensification-là se fait à un prix et chacune des espèces a son niveau de tolérance à l’exploitation forestière », conclut Marc-André Villard. « Et quand on franchit son seuil, on peut alors s’attendre à un déclin, qui parfois peut être rapide. »

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