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Les hauts et les bas d'une première campagne

Ils sillonnent leur circonscription plus de 50 heures par semaine pour convaincre les électeurs de les choisir. Quatre nouveaux venus en politique fédérale racontent comment ils vivent leur première expérience de campagne électorale.

Un texte de Mylène Crête

Daniel Caron (NPD), François-Philippe Champagne (PLC), Alain Rayes (PCC) et Catherine Fournier (BQ) en font le constat : aller à la rencontre des électeurs comporte son lot de surprises -bonnes ou mauvaises. Par exemple, Daniel Caron a été témoin de chicanes de couple, tandis que François-Philippe Champagne a dû convaincre un citoyen plutôt intimidant de voter pour lui.

« Le pire moment, c'est quand j'ai ouvert la porte et que la personne m'a dit que son épouse était décédée ici quelques heures auparavant. C'est une douche froide », raconte Daniel Caron, candidat pour le Nouveau Parti démocratique dans Louis-Saint-Laurent, qui appréhendait le porte-à-porte.

« Des fois, on tombe dans des situations, on entre dans l'intimité des gens et c'est plus difficile parce qu'on ne sait pas trop comment réagir », acquiesce Catherine Fournier, candidate du Bloc québécois dans Montarville, qui a déjà rencontré une électrice se rendant au chevet de son neveu mourant.

Les quatre candidats de circonscriptions différentes sont tout de même agréablement surpris par l'accueil que leur réservent les citoyens. Rares sont les fois où ils se sont fait fermer la porte au nez. La politesse n'empêche toutefois pas les électeurs de faire preuve de cynisme.

« Ça m'est arrivé souvent aux portes, les gens étaient peut-être moins intéressés à aller voter parce qu'ils avaient eu autrefois certaines attentes, certains rêvent et ils ont été déçus », rapporte Catherine Fournier, ajoutant que le défi pour chaque candidat est de regagner la confiance des électeurs désabusés.

Aller à leur rencontre, prendre le temps de les écouter et leur expliquer en quoi le programme politique proposé peut faire la différence demeure la meilleure approche, selon eux, même si le fédéral est le palier de gouvernement le plus éloigné des préoccupations quotidiennes des gens.

« C'est notre rôle à nous de prendre cette plateforme-là et de l'expliquer, estime François-Philippe Champagne, candidat dans Saint-Maurice - Champlain. Je ramène ça en disant que l'infrastructure, chez nous, c'est le téléphone cellulaire et Internet haute vitesse, mais ça c'est le rôle de chacun de nous de contribuer dans les idées et aussi de ramener les idées de nos citoyens vers les structures internes de nos partis. »

Alain Rayes, candidat dans Richmond - Arthabaska, soutien que les électeurs ont aussi un rôle à jouer pour éviter de tomber dans le cynisme. « Quand on pose une croix à côté du nom d'une personne pendant une élection, on a une responsabilité d'aller voir les programmes, d'aller connaître les candidats, de connaître ce qu'ils ont fait dans le passé, au même type que si on était un chef d'entreprise et qu'on allait engager quelqu'un pour nous seconder », affirme-t-il.

Daniel Caron, Alain Rayes, Catherine Fournier et François-Philippe Champagne se sont tous lancés en politique pour tenter de faire une différence et améliorer la vie des gens. Ce faisant, ils ont tous pris le risque de perdre le 19 octobre, mais portent en eux l'espoir qu'en travaillant avec passion et acharnement, ils pourront l'emporter.

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