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Les indépendantistes catalans manifestent toujours

Les indépendantistes catalans sont de nouveau descendus dans les rues par milliers, vendredi, afin de manifester contre les opérations policières visant à bloquer le référendum sur la souveraineté prévu le 1er octobre prochain, mais suspendu par la Cour constitutionnelle d'Espagne. Dans le même temps, le ministère espagnol de l'Intérieur dépêchait des renforts en Catalogne.

Le gouvernement de l’Espagne a prévenu celui de la Catalogne de l'envoi d’autres agents de la police nationale et de la garde civile, avertissant qu’ils « interviendront si le référendum illégal est maintenu ». De 3000 à 4000 représentants des forces de l’ordre auront à terme été déployés dans la région autonome du nord-est du pays, rapportent des médias locaux.

Le gouvernement central assure qu’ils viennent appuyer les 17 000 membres des Mossos d'Esquadra – la police régionale – et les 5000 membres de la garde civile normalement stationnés dans la région. Mais les autorités catalanes croient plutôt que les renforts ont pour mandat de discréditer et remplacer les Mossos d'Esquadra.

De son côté, Madrid promet de rétablir l'ordre et accuse les protestataires de harcèlement à grande échelle.

Les manifestations se poursuivaient vendredi pour la troisième journée consécutive.

Des centaines d'étudiants ont notamment investi les locaux de l'Université de Barcelone avec l’intention d’y passer la nuit.

« Il s'agit d'une occupation », a assuré Nuria Marín, de la Plateforme des universités pour la République.

Comparution de responsables politiques

D’autres manifestants se sont massés devant un tribunal de Barcelone, où ont comparu six des 14 hauts fonctionnaires et responsables politiques arrêtés cette semaine.

Ceux-ci ont refusé de témoigner. Remis en liberté pour la suite des procédures, ils devront revenir en cour sur une base hebdomadaire.

Les autorités catalanes ont limogé vendredi le secrétaire général de la vice-présidence régionale, Josep Maria Jove, très impliqué dans l'organisation du scrutin, mais cela dans l'unique but de lui éviter de lourdes amendes. Il fait partie d'une vingtaine de personnes qui ont été condamnées à payer quotidiennement de 6000 à 12 000 euros jusqu'à ce qu'elles se soumettent à la décision de la Cour constitutionnelle.

L’un des manifestants, Josep Esteve, 60 ans, a qualifié l’arrestation des fonctionnaires de « violation des droits de la personne ». « Nous sommes revenus au temps de Franco », a-t-il déploré.

Un procureur espagnol a par ailleurs réclamé l'ouverture d'une enquête pour « sédition », un délit pouvant entraîner l'incarcération, après que des agents de la garde civile eurent été bousculés et trois véhicules de patrouille endommagés lors d’une manifestation.

Ces arrestations de même que la forte présence policière et la saisie de près de 10 millions de bulletins de vote ont porté un dur coup à l'organisation du référendum, mais elles ont aussi renouvelé la conviction de nombreux indépendantistes.

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