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Les ingénieurs de l'État québécois suspendent leur grève

Les ingénieurs de l'État québécois suspendent temporairement leur grève, à partir de minuit ce soir. En matinée, le ministre des Transports, Laurent Lessard, avait laissé planer la menace d'une loi spéciale.

Le syndicat des ingénieurs de l'état a décidé de mettre fin à la grève pour une période indéterminée. Au cours des deux prochaines semaines, le syndicat veut consulter ses membres et savoir ce qu'ils pensent des dernières offres patronales. Des offres que le syndicat avait déjà qualifiées d'inacceptables.

« Ce sont les membres qui décideront », soutient Marc-André Martin, président de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec. Ce sera à la lumière de cette consultation que le syndicat prendra des décisions.

Le président du Conseil du Trésor Pierre Moreau soutient que cette nouvelle ne change rien aux plans du gouvernement qui menace de déposer une loi spéciale pour s'assurer que les ingénieurs restent au travail.

M. Moreau a clairement indiqué qu'il ne reste que quelques heures au syndicat des ingénieurs pour retourner à la table des négociations et ainsi éviter le dépôt d'une loi spéciale.

L'Association ne ferme pas la porte à une reprise des discussions, mais pose certaines conditions. « On va regarder ça, mais si le gouvernement nous demande de reculer pour faire avancer les négociations c'est non », affirme le porte-parole des ingénieurs de l'État, Marc-André Martin.

Le gouvernement à bout de patience

Questionné sur les retards qui affecteraient plus de 150 chantiers au Québec en raison de la grève des ingénieurs de l'État, le ministre des Transports, Laurent Lessard, a déclaré que « la patience du gouvernement arrive à sa fin », évoquant sans le dire le spectre d'une loi spéciale.

Visiblement irrité par ce conflit de travail, le ministre Lessard a prévenu mardi les ingénieurs, en grève depuis le 24 mai, qu'il est à l'avantage des parties de négocier pour trouver une solution rapidement.

Le rejet de l'arbitrage ne passe pas

Pendant ce temps à la table des négociations, le refus de Québec de nommer un arbitre dans le conflit a envenimé la situation avec les ingénieurs.

« On ne comprend pas pourquoi il nous rejette l’arbitrage », a affirmé le président du syndicat Marc-André Martin, en entrevue à RDI mardi.

« Nous, on demande un arbitre neutre dans le dossier, a-t-il dit. On a mis de l’eau dans notre vin, plus que pas assez. On a diminué nos demandes de 30 % depuis le début de la négociation et eux n’ont pas fait le même pas. »

Couillard et Moreau refusent l'arbitrage

« Pas question de faire d’arbitrage, l’État ne sous-traite pas l’utilisation des fonds publics », a répliqué le premier ministre, Philippe Couillard, mardi, en entrevue à la radio de Radio-Canada à Québec, reprenant l’argument de son président du Conseil du Trésor, Pierre Moreau.

Le président du Conseil du Trésor, Pierre Moreau, avait déjà rejeté la demande d'arbitrage du syndicat, lundi. Il invitait plutôt « l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec [APIGQ] à revoir sa position et à retourner rapidement à la table des négociations ».

Québec a offert à ses ingénieurs environ 8 % d'augmentation de salaire sur cinq ans, de 2015 à 2019.

L'offre, qualifiée d'inacceptable par l'APIGQ, demeure bien inférieure au rattrapage salarial de 20 % qu'elle réclame. Les 1300 ingénieurs de l'État québécois sont en grève depuis le 24 mai.

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