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Les ingénieurs de la Ville de Montréal en grève 

Les 440 membres du Syndicat professionnel des scientifiques à pratique exclusive de Montréal (SPSPEM) ont déclenché une grève, ce qui risque de paralyser les chantiers municipaux de la métropole.

Les syndiqués estiment que la Ville de Montréal a des demandes « déraisonnables » et réclament des concessions inacceptables dans le cadre des négociations en vue du renouvellement de leur convention collective. 

« Nos membres sont très motivés, assure le représentant syndical André Émond. On a eu un vote à 89 %, nos coffres de fonds de grève sont pleins. Tous les employés quasiment sans exception sont en faveur de la grève, ce qui est exceptionnel. »

Le SPSPEM, qui représente les ingénieurs, les arpenteurs-géomètres, les chimistes et les médecins vétérinaires employés par la Ville, juge que l'administration Coderre se montre trop gourmande dans ses demandes en vue du renouvellement de la convention collective de ses membres, échue depuis le 31 décembre 2010.

Le syndicat affirme que la Ville réclame une baisse de la rémunération globale des syndiqués de 9 %, en plus d'une réduction de plus de 12 millions de dollars des sommes forfaitaires qui leur sont consenties. « On est prêts à faire des concessions », dit le président du SPSPEM, André Émond. Il indique que le syndicat pourrait accepter une baisse de rémunération globale de l'ordre de 5 %, ce qui représente l'impact de la nouvelle loi sur les régimes de retraite des employés municipaux. 

Projet Montréal a réagi au déclenchement de la grève. « Nous nous inquiétons des impacts sur les chantiers et sur l'économie de Montréal, a indiqué le conseiller Craig Sauvé. Le maire, avec son attitude de confrontation, ne fait qu'envenimer la situation. Il doit prendre ses responsabilités et résoudre cette crise. »

Chantiers paralysés?

Selon une décision rendue par le Tribunal administratif du travail la semaine dernière, des syndiqués devront se rendre au travail en cas d'urgence s'il y a grève, en vertu de l'entente conclue sur le maintien des services essentiels.

Sinon, seuls 4 des quelque 400 ingénieurs de la Ville seraient tenus de demeurer en poste. Ces employés travaillent tous au sein du Service de l'eau. Aucun ingénieur oeuvrant au sein du Service des infrastructures, de la voirie et des transports ne serait donc tenu d'être en poste lors d'un débrayage, alors que la moitié des membres du SPSPEM travaillent au sein de cette unité.

Les ingénieurs de la Ville préparent des plans et devis et effectuent également la surveillance de chantiers municipaux. Une grève est donc susceptible d'entraîner la paralysie de certains d'entre eux. Selon le syndicat, les cadres embauchés après le 31 décembre 2010, qui est la date d'échéance de la dernière convention collective, n'auraient pas le droit de se substituer aux syndiqués en cas de grève, ce qui réduit le bassin de remplaçants potentiels.

Pour sa part, la Ville de Montréal dit avoir conclu plusieurs ententes avec des firmes de génie pour effectuer la surveillance de certains des quelque 400 chantiers municipaux qui doivent être en activité dans la métropole cet été.

Le président du comité exécutif de la Ville, Pierre Desrochers, présente ses excuses aux citoyens et reconnait que la grève des ingénieurs aura un impact sur les travaux prévus aux infrastructures. « Sur 55 chantiers des infrastructures transports, 26 vont continuer à être opérés et exploités, certains autres seront suspendus et on va s'assurer que le tout va être fait de façon sécuritaire, précise-t-il. Un certain nombre de travaux vont tout simplement être retardés ou reportés. »

Pierre Desrochers espère que les ingénieurs vont revenir à la table de négociations et rappelle que la Ville s'est entendue récemment avec ses cols blancs et ses architectes.

Le SPSPEM ajoute pour sa part que des chantiers privés pourraient aussi être touchés par une grève des ingénieurs, puisqu'ils ont pour tâche d'évaluer des demandes de permis pour l'occupation du domaine public, qui sont parfois nécessaires pour effectuer des travaux sur des bâtiments privés, par exemple.

Avec les informations d'Oliver Bachand et de Normand Grondin

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