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Les ingénieurs du gouvernement rejettent les offres de Québec

Les ingénieurs du gouvernement du Québec, qui avaient suspendu leur grève le 13 juin dernier, ont rejeté les offres du Conseil du Trésor dans une proportion de 90 % et reconduit leur mandat de grève.

L'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ), qui représente 1400 professionnels de l’État québécois chargés de superviser les travaux sur des centaines de chantiers routiers dans la province, ne prévoit cependant pas déclencher de nouveau débrayage général pour l’instant.

Le syndicat doit rencontrer les représentants du Conseil du Trésor le 11 juillet prochain pour faire le point sur la situation et les négociations avant de prendre une décision sur la suite des choses.

« C'est sûr que tout va être en fonction du ton à la table. Je ne peux pas leur porter des prétentions. La semaine prochaine, on verra », a déclaré le président du syndicat, Marc-André Martin, vendredi.

L’APIGQ vise un rattrapage salarial de 20 % sur sept ans, affirme M. Martin.

L'offre du Conseil du Trésor se situe plutôt aux environs de 5,25 % sur quatre ans, selon lui.

L'écart est énorme, a dit M. Martin, en ajoutant que les deux parties n'étaient pas du tout « sur la même patinoire ».

L’APIGQ exige aussi que Québec engage de nouveaux ingénieurs et retienne ses ingénieurs d’expérience, notamment au ministère des Transports, de façon à préserver l’expertise du gouvernement en matière de travaux publics.

Pour sa part, le président du Conseil du Trésor, Pierre Moreau, nie que le ministère des Transports se vide de sa main-d’œuvre qualifiée. En un an, 4000 personnes se sont inscrites au concours pour devenir ingénieur du gouvernement.

M. Moreau a aussi déclaré que sa dernière offre était « finale » et que toute autre négociation devra être « à la marge ».

« On est toujours ouvert. On est heureux de constater que malgré le rejet de la proposition, ils semblent être en mode négociation, mais je répète que cette négociation devra être à la marge sur la base de la proposition qui a été déposée par le gouvernement », a-t-il indiqué.

Le ministre Moreau a une fois de plus rejeté la demande d'arbitrage du syndicat : « pas question de sous-traiter le droit de gérance du gouvernement à un tiers qui n'est pas élu et qui n'est pas imputable ».

Des chantiers retardés

Les ingénieurs du gouvernement du Québec, qui avaient déclenché une grève générale illimitée le 24 mai, avaient suspendu temporairement ce débrayage le 13 juin dernier, car Québec menaçait de recourir à une loi spéciale pour forcer leur retour au travail.

Le lendemain, le gouvernement Couillard déposait une offre finale et globale.

Québec estime que la grève des ingénieurs a provoqué des retards sur au moins 150 chantiers routiers.

Vendredi, le président de l'APIGQ a affirmé que les travaux sur le pont Pierre-Laporte à Québec avaient été retardés de trois semaines.

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