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Les inondations poussent les demandeurs d'asile plus à l'est

Les inondations printanières rendent la vie difficile aux demandeurs d'asile qui tentent d'entrer au Canada clandestinement en traversant la frontière entre les États-Unis et le Manitoba. Certains ont modifié leur trajet et peut-être, du même coup, le sort qui les attend.

Depuis le mois de janvier, les responsables de l’accueil de réfugiés affirment avoir aidé 360 demandeurs d’asile qui ont franchi à pied les champs enneigés qui bordent la frontière internationale à proximité d'Emerson.

Mais avec l'arrivée de la fonte, ils doivent désormais franchir des champs inondés.

« Traverser quand la température descend sous zéro est déjà difficile », explique Éric Kuhn, un agent des services frontaliers américains. « Imaginez le faire dans l'eau froide. On ne survit pas longtemps à ça. »

La montée des eaux a poussé certains immigrants clandestins à franchir la frontière plus à l’est où les inondations menacent moins.

Les autorités américaines connaissent au moins un groupe qui a récemment traversé le point d'entrée de Tolstoi, qui ferme la nuit.

L’histoire ne fait pas l'affaire de tout le monde.

L'éleveur Rob Jirasek menait jusqu'à tout récemment ce qu'il décrit comme une vie tranquille près de la frontière. Il connaît des endroits où l'accès à partir des États-Unis se fait facilement et est irrité par ceux qu'il surnomme « les envahisseurs ».

« C'est inacceptable de pouvoir traverser aussi facilement la frontière et demander le statut de réfugié, dit-il. Ce n'est quand même pas la guerre civile aux États-Unis. Ces gens n'ont aucune raison d'avoir peur si ce n'est que d'être déportés dans leur pays d'origine. »

Rob Jirasek en veut au premier ministre qu'il juge trop clément et montre en exemple des tweets de Justin Trudeau du 28 janvier : « À ceux qui fuient la persécution, la terreur et la guerre, sachez que le Canada vous accueillera ...indépendamment de votre foi. La diversité fait notre force. »

Il croit que cela a lancé un faux message que les portes du Canada étaient grandes ouvertes.

Le propriétaire de la station-service Can-Am Corner de l'endroit, Rick McIntyre, lance quant à lui une mise en garde. « On entend parler de demandeurs d’asile qui frappent aux portes et essaient de les ouvrir, dit-il. J'ai ici quatre gros chiens qui risquent de leur sauter dessus et de les blesser. »

Rick McIntyre croit que ce n'est qu'une question de temps avant que quelqu'un ne se blesse.

« Beaucoup de gens sont armés, par ici », conclut-il.

D'après des reportages de Karen Pauls et Samuel Rancourt

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