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Les jeunes délaissent le football par peur des commotions cérébrales

L'intérêt des adolescents québécois pour le football, un sport qui a connu une croissance fulgurante au cours des dernières années, est en baisse, en raison, notamment, des inquiétudes liées aux commotions cérébrales. Pendant ce temps, le flag football, un sport sans contact, connaît une effervescence.

Un texte de Jean-Philippe Robillard

« On parle souvent, ces temps-ci, des risques de blessures au football », reconnaît Benjamin Lalonde, élève au Collège St-Jean-Vianney, à Montréal.

Comme beaucoup de jeunes, Benjamin Lalonde a déjà joué au football. Après un an, il a cependant cessé de pratiquer ce sport qu'il adorait, mais qui lui faisait craindre le pire. Les risques liés aux blessures étaient trop grands.

Benjamin n'est pas seul. Un nombre grandissant de jeunes Québécois tournent le dos au football. Selon le Réseau du sport étudiant du Québec, un peu plus de 2000 garçons ont arrêté de pratiquer ce sport dans les écoles secondaires au cours des deux dernières années. 

Dans l'ensemble du Québec, on note une baisse de 15 % du nombre de joueurs. Les risques liés aux blessures et aux commotions cérébrales seraient à l'origine de ce recul, croit Francis Milloy, technicien en loisirs au Collège St-Jean-Vianney. « Au niveau des commotions cérébrales, il y a des parents qui sont peut-être un peu plus inquiets d'inscrire leurs enfants à ce sport-là », soutient-il.

C'est un phénomène nouveau qui vient faire ombrage à la fierté associée aux équipes de football dans les écoles secondaires.

Au Collège St-Jean-Vianney, les inscriptions ont baissé de 30 %. On a même dû réduire le nombre d'équipes.

L'émission Enquête révélait en 2014 que 20 % des jeunes joueurs de football faisaient une commotion cérébrale chaque saison.

Engouement pour le flag football

Alors que le football perd du terrain, le flag football (un football sans contact), lui, gagne des adeptes. Selon le Réseau du sport étudiant du Québec, le nombre de jeunes qui choisissent ce sport dans les écoles secondaires a grimpé de près de 30 % en deux ans.

« On est passé de deux équipes, il y a quelques années, à quatre équipes masculines », soutient Francis Milloy, technicien en loisirs au Collège St-Jean-Vianney. « Ça attire encore plus les jeunes filles, qui ne peuvent pas jouer au football. On a cinq équipes de filles cette année. »

Pour les écoles secondaires, ces changements ont un impact majeur, selon le directeur général du Collège St-Jean-Vianney, Éric Deguire. « Il y a plusieurs écoles privées de 1000 ou 1500 élèves qui se posent des questions en ce moment : est-ce qu'on continue le football ? Est-ce qu'on se tourne vers le flag football? C'est une vraie question que plusieurs personnes se posent. »

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