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Les jeunes Québécois quittent moins leur région d'origine et y retournent plus souvent

Les jeunes Québécois qui ont atteint l'âge adulte dans les années 2000 sont moins nombreux à quitter leur région d'origine et plus enclins à retourner y vivre que ceux qui sont devenus adultes dans les années 1990, a constaté l'Institut de la statique du Québec.

Selon la recherche, qui portait sur les trajectoires migratoires de quatre groupes de jeunes Québécois qui ont été suivis à partir de l’âge de 16 ans, les jeunes qui sont entrés dans l’âge adulte à la fin des années 2000 n’ont été que 21 % à quitter leur région administrative d’origine pendant plus d’un an, comparativement à 26 % dans la cohorte du début des années 1990.

L’étude de données sur plus d’une décennie a suivi le parcours résidentiel de jeunes qui étaient âgés de 16 ans en 1993, 1998, 2003 et 2008.

Les déplacements de ces jeunes ont été enregistrés respectivement jusqu’à l’âge de 23, 28 et 33 ans.

Plus de migrations au début des années 1990

Ainsi, ce sont les jeunes de la cohorte de 1993 qui ont été les plus nombreux à quitter leur région d’origine dans une proportion de 26 %. Ils ont aussi été moins nombreux, soit 22 %, à retourner vivre dans leur région administrative d’origine parmi les quatre groupes d’individus observés.

A contrario, ce sont les jeunes de la cohorte 2008 qui ont été les moins nombreux à quitter leur région d'origine. Selon les données compilées, 21 % des jeunes de ce groupe sont allés vivre dans une autre région pendant plus d’un an.

D’après les auteurs de l’étude, « la baisse de la propension à quitter sa région d’origine s’observe presque partout » chez les plus jeunes cohortes étudiées.

L’ampleur des départs s’est notamment réduite dans les zones éloignées dont le cas en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, où près de la moitié des jeunes des cohortes 1993 et 1998 avaient quitté leur région d’origine à l’âge de 23 ans, comparativement à 36 % de ceux de la cohorte 2008, souligne l’étude.

Plus nombreux à retourner vivre dans leur région dans les années 2000

Ceux qui étaient âgés de 16 ans en 2008 ont aussi été les plus nombreux à revenir vivre dans leur région d’origine. Parmi ceux qui sont partis, 24 % ont décidé de rentrer au bercail avant l’âge de 23 ans.

Autre phénomène intéressant, plus les sujets s’approchaient de la trentaine et plus ils ont été nombreux à retourner vivre dans leur région d’origine. Ainsi, à l’âge de 33 ans, 32 % des migrants de la cohorte 1998 étaient retournés vivre dans leur région d’origine, contre 30 % dans la cohorte de 1993.

Les régions qui ont connu le plus fort exode de leurs jeunes pendant la période étudiée ont été la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, la Côte-Nord et Lanaudière qui ont vu plus de 30 % de leurs jeunes partir pour une autre région.

C’est cependant dans les régions plus urbaines comme Montréal, la Capitale-Nationale et l’Outaouais qu’on a enregistré les taux les plus faibles de migration des jeunes, soit environ 15 %.

Taux de départ élevé des trentenaires dans la région de Laval

Par contre, une fois rendus dans la trentaine, ce sont les jeunes de Laval qui quittent le plus leur région d’origine. Selon l‘étude, près de trois Lavallois sur quatre ont quitté leur région pendant au moins une année avant d’avoir atteint l’âge de 33 ans.

C’est aussi à Laval qu’on enregistre le plus faible taux de retours, soit environ 20 %.

En revanche, c'est dans les régions de la Capitale-Nationale, de l'Outaouais et de l'Abitibi-Témiscamingue qu’on observe la plus forte proportion de jeunes qui choisissent de retourner vivre dans leur région d’origine.

« Les retours sont également assez fréquents dans les régions adjacentes à Montréal, à l'exception notable de Laval », souligne l’étude de l’Institut de la statistique du Québec.

Montréal toujours populaire, mais moins chez les plus jeunes

En ce qui a trait à Montréal, la métropole attirerait moins de jeunes que par le passé, bien qu’elle demeure la première destination des jeunes qui quittent leur région. Selon l’étude, la métropole exercerait moins d’attrait chez les groupes les plus jeunes. La Capitale-Nationale serait aussi un pôle d’attraction chez les jeunes au début de la vingtaine.

Les régions qui entourent Montréal, notamment les Laurentides, Lanaudière et la Montérégie, gagnent en popularité lorsque les jeunes atteignent la trentaine.

L'exode se poursuit dans les régions éloignées

En ce qui a trait aux régions éloignées, ce sont elles qui enregistrent les taux les plus élevés de départs et qui attirent le moins de jeunes des autres régions.

« Dans les régions plus éloignées, les effectifs de jeunes tendent à se réduire à mesure que ceux-ci avancent en âge. Si ces régions enregistrent des départs parmi les plus importants, elles se distinguent aussi par leur faible capacité à attirer des jeunes des autres régions pour compenser les sorties. Les pertes se creusent rapidement lorsque les jeunes sont au début de la vingtaine, mais ralentissent par la suite », écrivent les auteurs de l’étude.

Pour réaliser cette étude, l’Institut de la statistique du Québec a eu recours aux données du Fichier d'inscription des personnes assurées de la Régie de l'assurance maladie du Québec.

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