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Les Jeux autochtones, plus que des résultats et des médailles

Les Jeux autochtones de l'Amérique du Nord se terminent samedi, mais laisseront à tous ceux qui ont participé de près ou de loin à l'événement une tonne de souvenirs.

Le festival de 10 jours marquera sans aucun doute à la fois les athlètes ayant participé et ceux qui leur ont permis d’atteindre leurs objectifs.

Les triomphes athlétiques et sportifs n’ont pas manqué au cours des compétitions auxquelles participaient 22 équipes. Des médailles ont été décernées dans 14 disciplines.

L’équipe féminine U-19 de crosse de l’Ontario a battu la Colombie-Britannique 8 à 7 dans un duel historique, puisque pour la première fois en 25 ans de Jeux autochtones, ce sport n’était plus réservé aux hommes.

Au golf féminin, on se souviendra de la médaille d’or de Deanne Whenham (Territoires du Nord-Ouest). La jeune femme de 17 ans s’entraîne habituellement sur le seul terrain de Yellowknife, qui est constitué uniquement de sable. Les golfeurs doivent traîner avec eux un morceau de gazon sur lequel ils déposent la balle avant de la frapper.

« Je me suis surprise moi-même. Je n’ai pas très bien fait lors de ma ronde d’entraînement. J’ai obtenu un score de neuf au premier trou, mais après ça, tout est rentré dans l’ordre », a expliqué Whenham.

Esprit de compétition

La première médaille d’or gagnée par les Territoires du Nord-Ouest avait aussi de quoi marquer les mémoires.

En canot U-19 en tandem sur 3000 m, le duo de Kaiden McDonald – qui s’était retiré de sa course solo le matin parce qu’il était malade – et Davina McLeod – dévastée après avoir laissé filer la victoire individuelle à cause d’une erreur dans un virage – ne semblait pas destiné à gagner. C’est pourtant cette équipe qui est montée sur la plus haute marche du podium.

« Davina a eu une course difficile ce matin, alors je lui ai dit que j’allais tout lui donner pendant notre épreuve, et ça a rapporté », a déclaré McDonald.

Les belles histoires ne finissent pas toujours par des podiums. Le cas de Teryn Kassi (Yukon) le prouve.

L’adolescent d’Old Crow a participé à plusieurs compétitions d’athlétisme… même si sa communauté n’est pas équipée pour plusieurs des épreuves où on l’a vu pendant les Jeux.

Pour s'entraîner au javelot, par exemple, il utilisait un snow snake – un long morceau de bambou – qui est utilisé pour un sport hivernal traditionnel du peuple Déné.

« Le snow snake fonctionne, je le lançais assez bien. Je suis confiant en mon lancer, a indiqué Kassi. L’entraîneur m’a contacté pour que je participe aux essais, et je réussissais bien au javelot. »

Histoires inspirantes

Il y a aussi ces entraîneurs qui ont donné aux athlètes qui les côtoient de la motivation, voire une raison de se surpasser.

Quelques jours avant de partir pour Toronto, l’entraîneuse de tir à l’arc de la Saskatchewan, Ivy Delorme, a appris le décès de sa sœur. Ses proches lui ont suggéré de mettre une croix sur les Jeux, mais elle ne voulait absolument pas laisser tomber son équipe.

« Je ne veux pas que mon groupe ait à déclarer forfait, parce qu’ils ont travaillé si fort pour ça », a-t-elle dit. Les huit membres de sa formation en étaient tous à leur première expérience aux Jeux autochtones.

L’entraîneur de l’équipe de soccer U-16 masculin de la Colombie-Britannique, Alex Nelson, est un ancien enfant des pensionnats autochtones. Il a souvent motivé ses troupes en leur expliquant que le sport était un rare moment de plaisir durant ces années sombres de sa vie.

Sa formation, surnommée « 94 Calls » – en référence aux 94 recommandations de la Commission de vérité et réconciliation – a suscité de la curiosité dans la communauté du soccer. « C’était notre objectif, et ça a rapidement fonctionné », a révélé Nelson.

Un logo faisant figurer le nombre 88 était aussi bien en évidence pendant les Jeux. Il s’agit d’une référence à la 88e recommandation de la Commission, qui énonce que tous les ordres de gouvernement doivent faire leur part pour assurer le développement et la croissance à long terme des athlètes autochtones.

Beaucoup d’athlètes, d’entraîneurs et de parents venus à Toronto pour les Jeux en garderont pour la vie un sentiment de communauté et de solidarité.

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