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Les libéraux déterminés à arracher au PQ son château fort de Chicoutimi

Même si la circonscription de Chicoutimi a longtemps été un château fort pour son parti, le chef péquiste Pierre Karl Péladeau ne tient rien pour acquis. « C'est pas nous autres qui coupent, c'est le gouvernement libéral! » lance-t-il à deux citoyens, en arpentant la Place du Saguenay avec sa candidate, Mireille Jean.

Un texte de Davide Gentile

Chicoutimi a voté oui aux deux référendums. Des péquistes y sont élus à chaque élection sans exception depuis 1973. Mais au dernier scrutin, la majorité de Stéphane Bédard est descendue à 1600 voix.

L'ancien leader a démissionné dans la mauvaise humeur, après qu'on lui eut retiré son poste de leader. « C'était sauvage un peu pour lui », confie une citoyenne rencontrée par hasard. Pour le Parti québécois, les circonstances de son départ ne plombent cependant pas la campagne de Mireille Jean, qui tente de lui succéder.

Selon la candidate, l'élection partielle sera l'occasion de sanctionner le bilan économique du gouvernement de Philippe Couillard. « On perd nos leviers de développement économique. On a de moins en moins d'emplois et on centralise hors de la région, affirme Mme Jean. Les gens ne sont pas dupes. »

Pour d'autres, la morosité économique exige plutôt que Chicoutimi élise la candidate libérale Francyne T. Gobeil, à commencer par le maire de Saguenay, Jean Tremblay. « Tout le monde aime Francyne! », assure-t-il, en louangeant son efficacité.

Selon lui, Chicoutimi serait avantagée par l'élection d'une députée qui fera partie du gouvernement. « Ça travaillait mieux avec un péquiste quand le PQ était au pouvoir. Alors quand le parti libéral est au pouvoir, ça travaille mieux avec un député qui est du côté du pouvoir. C'est humain », poursuit-il.

Même son de cloche chez Marc Pettersen. Candidat indépendant en 2014, il a récolté 3600 voix. Il milite cette fois aux côtés de Mme Gobeil. « Si on est au pouvoir, on a plus de chances d'avoir des choses dans notre comté », soutient-il.

La candidate libérale, qui se dit prête à aller chercher « la part » de Chicoutimi, abonde dans le même sens. « Le budget est plus accessible. Les enveloppes sont plus accessibles quand t'es au pouvoir », note-t-elle.

L'argument semble trouver écho chez certains électeurs. « Quand t'es dans l'opposition, faut pas chialer si on n'a rien localement. Si t'étais au pouvoir, tu pourrais obtenir des choses, mais là, t'obtiens rien », lance René Pilote, un retraité de Saguenay.

L'ombre de l'affaire Normandeau

Pour un autre citoyen, « ça coûte pas cher d'essayer le changement ». Mais les libéraux semblent avoir été plombés par l'affaire Nathalie Normandeau.

Francyne T. Gobeil reconnaît que les électeurs lui ont parlé de l'arrestation de l'ex-ministre. « C'est sûr que quand c'est sorti, ça a déçu beaucoup de gens. Moi, je leur réponds que Mme Normandeau, ce n'est pas moi! » réplique la candidate.

Quant aux péquistes, ils critiquent l'idée d'élire une candidate simplement pour avoir une députée au gouvernement. « Le bon bord, est-ce que c'est le bord de la corruption? » raille Pierre Karl Péladeau.

La stabilité économique d'abord, disent les « libéraux » 

De son côté, le chef libéral Philippe Couillard estime que la souveraineté n'est pas une priorité des électeurs. « On n'a pas d'autres priorités que la croissance économique », clame celui pour qui les turbulences économiques jouent en faveur de son parti. « Raison de plus pour assurer la stabilité politique du Québec! » argue-t-il.

Selon lui, Chicoutimi est prenable malgré sa tradition péquiste.

La Coalition avenir Québec (CAQ), qui a obtenu 17 % des votes dans Chicoutimi en 2014, semble avoir des ambitions limitées. « C'est une occasion pour nous de développer notre présence dans les régions du Québec », affirme François Legault.

Le candidat de Québec solidaire (QS), Pierre Dostie, pense plutôt pouvoir être élu. « On peut créer des surprises encore. Il reste deux semaines de campagne », soutient celui dont le parti a obtenu 6 % des voix au dernier scrutin.

Le vote dans Chicoutimi se tiendra le 11 avril prochain.

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