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Les libéraux rétablissent le questionnaire long obligatoire du recensement

Au lendemain de son assermentation, le nouveau gouvernement fédéral de Justin Trudeau a décidé de rétablir le questionnaire long obligatoire pour le recensement au Canada.

Les ministres de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, et de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeed Singh Bains, ont indiqué que le gouvernement souhaitait ainsi offrir des données fiables et complètes à Statistique Canada afin de pouvoir prendre des décisions éclairées basées sur la science et au bénéfice des Canadiens.

« Cette mesure fait partie intégrante de notre plan visant à renforcer et élargir la classe moyenne », a déclaré M. Duclos.

M. Bains a fait remarquer pour sa part que « la vaste majorité des citoyens comprennent l'importance de ces données et veulent participer à l'exercice ».

Une décision idéologique à corriger

Mettant en avant des impératifs de protection de la vie privée, le gouvernement Harper avait aboli le questionnaire long à la veille du recensement de 2011, le remplaçant par un document court et facultatif. Ce qui avait engendré un taux de réponse tellement faible que les conservateurs avaient décidé de ne pas publier certains résultats.

Ce passage à une formule moins détaillée et volontaire avait été critiqué par des experts et autres chercheurs qui s'inquiétaient au sujet de la qualité et de la quantité des données à recueillir, notamment en ce qui concerne des catégories de population bien définies et certains espaces géographiques.

« Moi, je viens d'un milieu universitaire. J'ai constaté avec beaucoup de mes collègues la très mauvaise nouvelle de l'abandon du recensement long en 2011. Nous avons maintenant tourné la page. Nous revenons à un meilleur système qui coûte moins cher, qui donne de meilleures données, et qui produit des résultats que les gens vont pouvoir utiliser dans leurs communautés pour bâtir un meilleur pays », a souligné le ministre Duclos.

« Le gouvernement précédent était vraiment concentré sur une idéologie », a déploré M. Bains, en ajoutant que le nouveau gouvernement entend travailler avec des faits et des données fiables.

Les ministres Bains et Duclos ont insisté sur l'intérêt des Canadiens à remplir le questionnaire long, précisant que 94 % des citoyens contactés en 2006 avaient participé à l'exercice. La majorité des 6 % restants sont des personnes que Statistique Canada n'a pas réussi à contacter en raison d'un déménagement ou de situations particulières, ont-ils précisé.

Les deux ministres ont toutefois refusé de préciser quelles mesures coercitives ils envisageaient envers les personnes qui refusent de remplir le formulaire. La précédente loi sur la statistique prévoyait une amende maximale de 500 $ ou un emprisonnement maximal de trois mois à l'encontre des réfractaires.

L'aveu de Tony Clement

Tony Clement, qui était responsable de ce dossier dans l'ex-gouvernement Harper, a admis que la décision était controversée à l'époque.

« Je ne suis pas ici pour défendre toutes les décisions qui ont été prises », a-t-il dit, reconnaissant qu'il aurait été mieux, à ce moment-là, de faire une revue exhaustive de la collecte de données au Canada afin de trouver un meilleur système.

M. Clement estime que « les libéraux ont été élus pour changer certaines choses. Ils changent certaines choses, ils en ont le droit et je ne vais pas leur barrer le chemin ».

Satisfactions

« C'est une réaction d'allégresse », a commenté Alain Bélanger, professeur à l'Institut national de recherche scientifique.

« Souvent, c'est les personnes qui sont le plus en besoin qui ne répondent pas et pour lesquelles on perdait de l'information », observe celui qui a travaillé à Statistique Canada durant 17 ans.

La présidente de l'Union des municipalités du Québec, Suzanne Roy, s'en réjouit aussi. Elle estime qu' « on ne doit plus remettre ça en cause, parce que c'est un portrait avec lequel on travaille au quotidien ».

Même satisfaction dans le milieu des affaires. Françoise Bertrand, de la Fédération des chambres de commerce du Québec, parle d'une « excellente nouvelle ». « Nos membres, poursuit-il, étaient extrêmement perturbés de la décision, parce que ça permettait une intelligence d'affaires, dans les études de marché. C'était extrêmement important ».

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