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Les libéraux se préparent à dévoiler le plan d'immigration de 2018

Le gouvernement libéral est en train de finaliser son plan d'immigration 2018, qui vise à trouver un juste équilibre dans un contexte de crise migratoire mondiale, de recrudescence des migrants qui traversent la frontière de façon irrégulière et des déficits de main-d'œuvre à travers le pays.

Un texte de Kathleen Harris de CBC

Le ministre de l'Immigration, Ahmed Hussen, a récemment terminé des consultations pancanadiennes et se prépare à déposer à la Chambre des communes les niveaux d'immigration annuels, avant la date butoir du 1er novembre.

L'objectif du gouvernement est d'attirer les meilleurs talents sur un marché mondial compétitif, tout en réunissant les familles et en offrant un refuge aux personnes déplacées par les catastrophes et les conflits.

« Le système d'immigration du Canada continue d'être fondé sur la compassion, l'efficacité et les possibilités économiques pour tous, tout en protégeant la santé et la sécurité des Canadiens », lit-on dans un échange de M. Hussen avec CBC News.

« Le système d'immigration du Canada est reconnu à l'échelle internationale pour son approche réfléchie et responsable, qui prend en compte notre besoin d'un plus grand nombre d'immigrants, tout en équilibrant l’ensemble de nos responsabilités, notamment fiscales. »

« Changement extrême de contexte »

Selon la porte-parole conservatrice en matière d'immigration, Michelle Rempel, le gouvernement n'a pas réussi à élaborer une stratégie solide pour s'assurer que les immigrants aident à combler les besoins de main-d'œuvre dans certains secteurs et dans les régions éloignées et moins peuplées du pays.

« Il y a des questions plus vastes sur la façon dont le gouvernement incite les gens, dans les régions où le taux de chômage est élevé, à s'aligner sur le travail disponible. Aussi, sur la façon dont le gouvernement cherchera à attirer les nouveaux arrivants, non pas dans de petites poches dans les grands centres urbains, mais, peut-être, de voir comment ces arrivées pourraient être utilisées pour répondre aux besoins dans des régions à forte demande, là où les gens ne s'installent pas », a-t-elle déclaré à CBC.

Selon Mme Rempel, le plan d'immigration du Canada pour 2018 doit s'adapter à un « changement extrême de contexte », avec une recrudescence des demandeurs d'asile et une escalade de la crise migratoire mondiale. Elle dit que le gouvernement doit en faire plus pour s'assurer que les réfugiés sont bien intégrés et deviennent des membres de la population active.

Les demandeurs d'asile qui sont entrés au Canada en dehors des points frontaliers ne sont pas inclus dans le plan des niveaux, selon le bureau du ministre Hussen.

Le plan d'immigration de 2017 prévoyait l’accueil de 300 000 immigrants. Il augmentait le nombre de personnes dans la catégorie « économique », qui comprend des travailleurs qualifiés, des gens d'affaires et du personnel soignant, ainsi qu'une augmentation de la catégorie famille pour les conjoints parrainés, les époux, les enfants, les parents et les grands-parents.

Résoudre les problèmes de main-d’œuvre

La porte-parole du Nouveau parti démocratique en matière d'immigration, Jenny Kwan, a pour sa part appelé le gouvernement à être plus ambitieux avec son plan de 2018, insistant sur le fait que l'immigration est le meilleur moyen de compenser le vieillissement de la population et de combler les importants besoins de main-d’œuvre.

La politique fédérale doit se concentrer sur une « gamme équilibrée et diversifiée » d'immigrants. On ne devrait pas attribuer la résidence permanente qu’aux seuls travailleurs hautement qualifiés, et ne laisser aux travailleurs étrangers que des petits emplois qui ne demandent pas de compétences particulières.

Mme Kwan a également déclaré qu'en cette époque de migrations de masse et de déplacements de population, le Canada devrait relever le plafond des réfugiés parrainés par le secteur privé et en faire venir davantage soutenus par le gouvernement.

Accueillir davantage

Le Canada pourrait facilement accueillir 20 000 réfugiés chaque année, affirme Janet Dench, directrice générale du Conseil canadien pour les réfugiés. En 2017, l'objectif a été fixé à 7500.

« C’est très peu. Il y a plus d’un million de réfugiés ayant besoin d’être accueillis selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Que le Canada n’en accueille que 7500, c’est vraiment très loin des besoins, et vraiment très loin de nos capacités, comme on l’a démontré en 2016 avec les réfugiés syriens », a-t-elle dit. « Nous savons que nous avons la capacité. »

Mme Dench a laissé entendre que l'effort du gouvernement libéral envers les réfugiés syriens était une façon de « cocher la case » pour les réfugiés au lieu de prendre un engagement ferme et soutenu.

Vieillissement de la population, faible taux de natalité

Le Conseil consultatif en matière de croissance économique du gouvernement a recommandé que le Canada augmente ses niveaux d'immigration à 450 000 d'ici 2021 pour stimuler l'économie et s'attaquer au vieillissement de la population et au faible taux de natalité.

Patrick Snider, directeur des politiques de compétences et d'immigration au sein de la Chambre de commerce du Canada, a déclaré que des niveaux d'immigration plus élevés offriraient des occasions d'affaires pour les entreprises et renforceraient la compétitivité du Canada, mais que ces succès dépendraient de la façon de faire.

Le gouvernement doit cibler les nouveaux arrivants possédant les compétences requises pour les professions en demande, dit M. Snider. Le système de classement actuel se concentre sur l’éducation et des spécifications techniques au lieu d'avoir la flexibilité requise pour sélectionner ceux qui ont de l'intelligence, du dynamisme et des aptitudes à la formation.

Des règles adaptées pourraient permettre de recruter des personnes autodidactes dans les domaines de la haute technologie, de la programmation ou du design graphique, par exemple, même si elles n'ont pas suivi un programme universitaire, mais qu’elles ont les compétences dont les employeurs ont besoin.

En ce qui concerne les chiffres, M. Snider a dit qu'ils devaient refléter ce que le Canada peut se permettre, ainsi que les avantages directs pour l'économie.

Les libéraux ont lancé la Stratégie en matière de compétences mondiale pour attirer les meilleurs talents dans un marché international de plus en plus concurrentiel. M. Snider dit que la réputation d'accueil du Canada lui donne un avantage pour attirer les travailleurs hautement qualifiés à la recherche d'un endroit où s’installer.

Amélioration critique de l'intégration

Selon un rapport récent du Conference Board du Canada, le rehaussement des niveaux bénéficiera à l'économie seulement si l’intégration des nouveaux arrivants d’un point de vue social et économique est accrue. Le fait d'augmenter l’accueil sans s’intéresser suffisamment à ces questions pourrait entraîner des coûts économiques et diminuer le soutien du public à l'immigration, a-t-il averti.

Il faut aussi disposer des ressources nécessaires pour traiter les dossiers, alors qu'il y a déjà des retards, a déclaré Dory Jade, président de l'Association canadienne des conseillers professionnels en immigration.

Il voudrait que la cible de 2018 dépasse 350 000, mais il s'attend à ce que le gouvernement maintienne le chiffre entre 300 000 et 305 000 en raison de ressources insuffisantes.

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