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Les mesures controversées de Trump inquiètent plusieurs pays

Plusieurs dirigeants mondiaux se disent préoccupés par les décrets pris cette semaine par le président américain, Donald Trump, notamment sur la restriction de l'accueil de réfugiés aux États-Unis.

Le président français François Hollande a appelé samedi l'Europe à « répondre » avec « fermeté » au président américain Donald Trump, avec qui il doit discuter au téléphone dans la journée.

« Lorsqu'il y a des déclarations qui viennent du président des États-Unis sur l'Europe et lorsqu'il parle du modèle du Brexit pour d'autres pays, je crois que nous devons lui répondre », estime François Hollande.

Au sujet des mesures protectionnistes susceptibles « de déstabiliser les économies, pas simplement européennes, mais les économies des principaux pays dans le monde » ou « quand il refuse l'arrivée de réfugiés alors que l'Europe a fait son devoir », le président français estime que l'Europe doit répondre.

« Non, l'Europe n'est pas protectionniste, l'Europe n'est pas fermée, elle n'est pas sans valeurs et sans principes », assure-t-il.

Le président américain a qualifié vendredi la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne de « chose merveilleuse », alors qu'il rencontrait la première ministre britannique, Theresa May, à Washington.

Les mesures prises par Trump soulèvent les craintes de plusieurs pays

À l’issue d’un entretien avec son homologue allemand, Sigmar Gabriel, le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, a déclaré que des mesures décrétées par le président américain Donald Trump sur la restriction de l'accueil de réfugiés aux États-Unis préoccupent les deux pays.

Elle [cette mesure] ne peut que nous inquiéter, mais il y a beaucoup de sujets qui nous inquiètent. C'est la raison pour laquelle nous avons aussi parlé, Sigmar et moi, sur ce que nous allons faire.

Jean-Marc Ayrault, chef de la diplomatie française

« L'accueil des réfugiés qui fuient la guerre, ça fait partie de nos devoirs. Nous devons nous organiser pour faire en sorte que ça se passe de façon équitable, juste, solidaire », a estimé Jean-Marc Ayrault.

Selon lui, il faudra « de la clarté, de la cohérence et si nécessaire de la fermeté pour défendre à la fois nos convictions, nos valeurs, notre vision du monde, nos intérêts, français, allemands et européens », a-t-il ajouté.

Le ministre des Affaires étrangères allemand, Sigmar Gabriel, a quant à lui, rappelé les « traditions chrétiennes » aux États-Unis.

« L'amour du prochain est une valeur chrétienne, et cela implique de venir en aide aux autres. Je crois que c'est ce qui unit les pays occidentaux », souligne Sigmar Gabriel, nouvellement chef de la diplomatie allemande.

Donald Trump a annoncé vendredi la signature d’un décret qui suspend pour quatre mois le programme d'admission de réfugiés sur le territoire américain et interdit l'accès aux visiteurs en provenance de Syrie et de six autres pays à majorité musulmane pour une période indéterminée.

Renégocier l’accord iranien, une idée « dépourvue de sens », selon Rohani

De son côté, le président iranien, Hassan Rohani, appréhende la renégociation d’accords commerciaux mondiaux envisagée par le président américain.

Annuler des accords commerciaux mondiaux ne va pas favoriser leur économie et ne va pas contribuer au développement et à l'embellie de l'économie mondiale […] L'heure est à un rapprochement du monde grâce au commerce.

Hassan Rohani, président de l'Iran

Comme il l’avait promis pendant la campagne électorale, Donald Trump a annoncé lundi le retrait des États-Unis du Partenariat transpacifique.

Le président américain a également fait part de son souhait de renégocier l’accord conclu entre l’Iran et le groupe P5+1 sur une réduction du programme nucléaire iranien en échange d’un allègement des sanctions économiques contre l’Iran, une idée « dépourvue de sens », avait estimé Hassan Rohani au début de l’année.

La levée des sanctions a permis à l'Iran de signer d'importants accords avec des entreprises occidentales, notamment dans la construction aéronautique.

Non aux murs

Faisant allusion au décret signé mercredi par Donald Trump pour la construction immédiate d'un mur avec le Mexique, Hassan Rohani a déclaré que la construction de murs était une idée ancrée dans une autre époque.

L'heure est à un rapprochement du monde grâce au commerce. […] L’heure n’est pas à la construction de murs.

Hassan Rohani, président de l'Iran

« Aujourd'hui, l'heure n'est pas à l'édification de murs entre les nations. Ils ont oublié que le mur de Berlin était tombé il y a des années », a déclaré Rohani à la télévision iranienne.

Le maire de Berlin, Michael Müller, avait demandé, vendredi, au président américain de renoncer à la construction d'un mur à la frontière avec le Mexique. Selon lui, les Berlinois sont bien placés « pour connaître toutes les souffrances causées par la division d'un continent, cimentée par des fils de fer barbelés et du béton ».

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