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Les Métis du Manitoba célèbrent les 200 ans de la Bataille de la Grenouillère

C'est ce dimanche que l'on commémore les 200 ans de la Bataille de la Grenouillère, ou la bataille de Seven Oaks en anglais. Cet événement, qui a marqué l'éveil de la nation métisse, est célébré comme il se doit à Winnipeg.

Le 19 juin 1816, une altercation armée, brève et violente, éclate entre un groupe de la Compagnie des Nord-Ouest (CNO) et un autre de la Compagnie de la Baie d'Hudson (CBH).

D'un côté, il y a des cavaliers, en majorité des Métis, placés sous le commandement de Cuthbert Grant, commis de la CNO et de l'autre, des officiers de la CBH et des habitants de la colonie de la Rivière-Rouge, qui répondaient aux ordres du gouverneur de la colonie, Robert Semple.

L'escarmouche qui n'aura duré que quelques minutes s'est déroulée dans le nord de l'actuel Winnipeg, non loin de la rue Main et du boulevard Rupertsland.

Au total, 22 hommes perdent la vie, principalement dans les rangs de la CBH, puisqu'un seul Métis tombe au combat.

Se souvenir du passé pour comprendre le présent

Cette bataille historique marque un point culminant dans l'affrontement entre les deux Compagnies, qui se disputaient à l'époque le contrôle du commerce des fourrures.

Certains y voient aussi un moment charnière dans l'histoire des Métis de l'Ouest.

« C'est ce que j'appelle une étincelle, une conscience de ce que c'est d'être Métis », affirme Will Goodon de la Fédération des métis du Manitoba. « C'est l'une des premières fois que le drapeau avec le symbole de l'infini a été utilisé en tant que symbole national, il y a 200 ans. »

Après la bataille, des voix s'étaient élevées pour que les Métis soient jugés pour meurtre, mais deux ans plus tard, en 1818, un rapport les a exonérés de toutes responsabilités. Le document est d'ailleurs exposé au Musée canadien pour les droits de la personne jusqu'au 23 juin.

« Je crois que cela a contribué au développement du Canada comme il est maintenant, dans le meilleur aspect de ce qui [définit] le Canada et ce qu'il est en passe de devenir - une société multiculturelle et multilingue », soutient Paul Johnson, le recteur de la cathédrale anglicane St. John.

Des célébrations sous le signe de la réconciliation

Des célébrations ont été organisées par le diocèse anglican de Rupert's Land et l'archidiocèse de Saint-Boniface.

Après une cérémonie au monument commémorant la bataille, un service à la cathédrale anglicane Saint John's est aussi prévu.

Par la suite, la communauté est invitée à se rassembler pour des spectacles de musique, de danse et de tambours.

Cette journée sera placée sous le signe de la guérison et de la réconciliation.

D'après un reportage de Camille Gris Roy

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