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Les miliciens kurdes annoncent leur retrait complet de Manbij, en Syrie

La milice kurde qui contrôle une bonne partie du nord-est de la Syrie va retirer ses derniers « conseillers militaires » de la ville de Manbij. Une décision qui devrait contribuer à faire baisser les tensions entre la Turquie et les États-Unis, deux alliés de l'OTAN.

Dans une déclaration publiée mardi, les Unités de protection du peuple (YPG) affirment que ses combattants avaient quitté la ville en novembre 2016, et que les derniers « conseillers militaires » restés dans la ville pour former les forces locales, regroupées au sein du Conseil militaire de Manbij, vont faire de même.

La déclaration ne mentionne aucunement que ce départ est annoncé au lendemain d’une réunion à Washington entre le secrétaire d’État américain Mike Pompeo et le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, qui a précisément abouti à un accord sur Manbij.

Le département d’État a confirmé que les deux hommes « ont approuvé une feuille de route et souligné leur engagement mutuel à sa mise en œuvre », mais sans donner de détails.

L’entente a également été confirmée par Ankara, qui est aussi restée avare dans ses commentaires. Le ministre Cavusoglu s’est borné à préciser mardi que la « feuille de route » en question doit entraîner le désarmement des miliciens kurdes de Manbij.

Selon lui, les mesures convenues avec les États-Unis commenceront à être mises en œuvre dans 10 jours, et seront déployées au cours des six prochains mois. Elles s’appliqueront aussi à terme à d’autres villes syriennes sous contrôle des YPG, comme Kobané et Raqqa, a-t-il aussi avancé.

Une pomme de discorde depuis près de deux ans

Manbij est au cœur des préoccupations de la Turquie dans la région depuis que les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance comprenant des miliciens du YPG et des combattants arabes, ont réussi à en déloger les combattants du groupe armé État islamique, en août 2016.

Cette offensive des FDS a été appuyée par la coalition militaire internationale emmenée par les États-Unis, mais n’en a pas moins suscité la méfiance de la Turquie, qui considère les YPG, sa principale composante, comme une organisation terroriste affiliée à l’insurrection kurde sur son sol.

M. Cavusoglu avait immédiatement demandé à ce que les miliciens kurdes se retirent de Manbij pour prendre position à l’est du fleuve Euphrate. Ankara avait précédemment indiqué que la présence de Kurdes à l’ouest de l’Euphrate était pour elle une « ligne rouge » à ne pas franchir.

Selon la Turquie, les États-Unis s’étaient engagés à ce que leurs alliés se retirent de Manbij après leur victoire contre l’EI, mais cela ne s’est pas produit.

Peu après la chute de Manbij, l’armée turque a lancé sa propre offensive en sol syrien, en s’appuyant sur des rebelles regroupés au sein de l’Armée syrienne libre (ASL). Ils ont réussi à occuper une vaste bande de territoire intercalée entre le territoire sous contrôle des milices kurdes dans le nord-est syrien et l’enclave kurde d’Afrine, dans le nord-ouest.

Les tensions américano-turques au sujet de Manbij ont connu un coup d’accélérateur en janvier, après que l’armée turque et ses alliés de l’ASL eurent lancé une seconde offensive militaire contre l’enclave d’Afrine, dans le but d’en déloger les YPG.

Moins d’une semaine plus tard, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait menacé d’étendre cette offensive à Manbij, voire jusqu’à la frontière irakienne.

Afrine est finalement tombée en moins de deux mois et l’offensive turque n’a jamais été étendue à l’extérieur de ce secteur. Le sort de Manbij a toutefois fait l’objet de plusieurs discussions entre Ankara et Washington.

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