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Les moments marquants des Jeux paralympiques de Rio

Le rideau s'est refermé dimanche sur les compétitions des Jeux paralympiques de Rio.

Le Brésil a été le théâtre de grandes joies, mais aussi de vives déceptions durant les 12 derniers jours. Revenons sur quelques-uns des moments marquants.

Impossible de faire un bilan de l'événement sans mentionner les succès de la nageuse Aurélie Rivard. À seulement 20 ans, l'athlète de Saint-Jean-sur-Richelieu a remporté quatre médailles, dont trois d'or, et a fracassé deux records du monde.

Dès sa première compétition, elle a montré qu'elle était en pleine forme. Elle a commencé ses Jeux en montant sur la plus haute marche du podium du 50 m libre S10. Elle a écrasé au passage l'ancienne marque mondiale.

Sa deuxième récompense a été l'argent au 200 m quatre nages, une médaille qui pour elle valait de l'or. La seule nageuse à avoir été plus rapide qu'elle a été la Néo-Zélandaise Sophie Pascoe, reine du 200 m QNI depuis des années.

Rivard a enchaîné avec une médaille d'or au 100 m libre, épreuve dont elle détient le record du monde. Malgré sa victoire, elle était plutôt déçue de ne pas avoir amélioré sa marque mondiale. Ce n'est que partie remise.

Sa dernière épreuve individuelle était celle qu'elle redoutait le plus. Elle était plus stressée que jamais dans la salle d'appel du 400 m libre, sa distance favorite. C'est sur cette distance que Rivard avait décroché sa première médaille paralympique, l'argent aux Jeux de Londres en 2012. Elle a relevé le défi avec brio à Rio et a triomphé avec une nouvelle marque mondiale.

Avec quatre médailles et deux records du monde, la jeune athlète peut certainement réclamer le titre de reine des Jeux. Elle a d'ailleurs été nommée porte-drapeau de la délégation canadienne pour la cérémonie de clôture.

Le vétéran de l'équipe canadienne de natation a abordé sa dernière course des Jeux paralympiques de Rio comme la dernière de sa carrière. Malgré le niveau très relevé de sa catégorie, il a réussi à se faufiler sur la troisième marche du podium de ce 400 m libre très spécial. Cette médaille de bronze était la 20e récompense paralympique de sa carrière.

Le Longueuillois pleurait sur le podium et a fondu en larmes en entrevue avec un journaliste de Radio-Canada. « J'aurais voulu écrire ce scénario-là et ça ne serait pas arrivé », a-t-il dit en sortant de la piscine.

Est-ce que ce 400 m libre était la dernière course du vétéran de l'équipe canadienne? « J'aime l'idée de finir sur une bonne note », a-t-il mentionné.

En athlétisme, le Dorvallois Brent Lakatos s'est démarqué. Il n'a pas réussi son pari de quitter le Brésil avec trois médailles dorées au cou, mais a tout de même pris place sur les podiums de ses quatre épreuves.

L'athlète de 36 ans a récolté une récompense en or (100 m), une en argent (400 m) et deux en bronze (800 m et relais 4 x 400 m). Triple médaillé d'argent à Londres, il souhaitait cependant dominer toutes ses courses individuelles.

Beaucoup de médailles canadiennes ont été récoltées en cyclisme sur piste et sur route. Le Britanno-Colombien Tristen Chernove est monté sur le podium à trois reprises, remportant une récompense de chaque couleur.

À sa première expérience paralympique, Charles Moreau a décroché deux médailles de bronze en vélo à main. L'athlète québécois en action dans la catégorie H3 jubilait sur le podium de la course sur route.

Ross Wilson, double médaillé d'argent, Michael Sametz, double médaillé de bronze, et Shelley Gauthier, aussi en bronze, ont également brillé à Rio.

Aucune équipe canadienne n'est montée sur le podium des Jeux paralympiques de Rio. Il y avait notamment de grandes attentes sur les formations de rugby en fauteuil roulant et de basketball en fauteuil roulant féminin.

Les joueurs de rugby canadiens étaient attendus en grande finale du tournoi. Défaits en demi-finale par les Américains, ils se sont retrouvés en duel pour le bronze face aux Japonais. Ils ont finalement dû se contenter de la 4e place.

Les larmes étaient au rendez-vous quand l'équipe de basketball féminin aux couleurs de l'unifolié a été sortie de la course aux médailles en quarts de finale. « Nous n'étions pas venues à Rio pour ça », disaient les joueuses en pleurs après leur défaite contre les Pays-Bas.

L'histoire de Gideon Nasilowski, surnommé « le Namibien amphibien », a aussi attiré l'attention.

Quand l'athlète de 31 ans s'est élancé dans la piscine paralympique pour le 50 m libre, non seulement il réécrivait l'histoire, mais les spectateurs étaient témoins de la détermination sans limites de ce para-athlète.

Il est né à Windhoek, en Namibie, au début des années 1980 avec de l'arthrogrypose, un état qui ne lui permet pas de bouger les muscles comme il le voudrait.
Il a fini bon dernier, à près de 36 secondes de l'avant-dernier nageur. Les derniers mètres de la course se sont faits sous les applaudissements des spectateurs qui ont encouragé le Namibien à pousser jusqu'à la toute fin.

Il peut maintenant dire qu'il est le premier nageur paralympique namibien.

L'Iran a remporté le tournoi de volleyball assis. Un joueur de la formation championne s'est particulièrement fait remarquer, le géant Morteza « Mehrzad » Mehrzadselakjani. Il est le plus grand athlète de l'histoire des Jeux paralympiques, et l'ironie du sort veut qu'il pratique un sport assis.

Difficile de ne pas remarquer l'attaquant iranien lors de l'hymne national de son pays. Du haut de ses 2,46 m (8 pi 1 po), il surplombe ses coéquipiers qui semblent tout d'un coup si petits.

Mais son visage famélique cache difficilement le mal qui l'afflige. Il souffre de gigantisme et à 28 ans, sa santé se détériore au même rythme que sa croissance se poursuit.
Né dans une petite ville qui borde la mer Caspienne, Mehrzad a été diagnostiqué avec l'acromégalie, une condition qui provoque une surabondance d'hormones de croissance et un développement anormal des os.

Cette maladie rare toucherait (à différents niveaux) moins de 40 personnes sur un million. Parmi celles-ci se trouve Mehrzad, un homme jadis reclus et honteux devenu vedette internationale du volleyball assis.

Atteinte d'une maladie dégénérative inconnue, Marieke Vervoort a remporté la médaille d'argent au 400 m T52 et le bronze au 100 m. Elle a roulé sur une piste pour la dernière fois de sa carrière. Le corps de l'athlète belge ne lui permet plus de s'entraîner et de disputer des courses sur la scène internationale.

En 2008, elle a entamé les procédures pour obtenir des papiers l'autorisant à avoir recours à l'euthanasie. Elle est donc maintenant maîtresse de son destin. Les gros titres des médias belges annonçaient que Vervoort mettrait fin à ses jours après les Jeux paralympiques de Rio. La principale intéressée a tenu à rectifier l'information. Elle n'est pas prête à tirer sa révérence, loin de là.

« Il n'a jamais été question de mettre fin à ma vie tout de suite, a-t-elle précisé. J'ai encore plus de bons jours que de mauvais jours. J'ai les papiers depuis 2008, et regardez, je suis toujours là! J'ai encore beaucoup de choses à vivre. »

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