Pour prévenir l'intimidation et la violence, des écoles organisent avec la Caravane de la tolérance des ateliers où les jeunes peuvent discuter avec des experts. Arrêt dans une école secondaire de Laval.

Un reportage de Akli Ait-Abdallah à Désautels le dimanche

Cette école secondaire réunit plus de 1000 élèves de toutes les origines. Les animateurs Marie-Pierre Breton et Jean-Philippe Audet se préparent à recevoir les élèves. Ils installent quelques panneaux avec de la BD et des bulles, des fiches, un écran et un rétroprojecteur. Au programme de la journée, trois ateliers pour autant de groupes sur la violence et l'intimidation en milieu scolaire.

L'animateur à la vie spirituelle et à l'engagement communautaire de cette école, Bertho Tremblay, explique que la Caravane vient chaque année pour sensibiliser les jeunes et mieux les outiller. « Les mots, ça peut faire très mal. L'apparence physique, l'homophobie, l'ethnicité, c'est surtout sur ce plan que ça se passe. »

Ne pas faire la morale

Jean-Philippe Audet est l'auteur d'une recherche qui a permis l'adaptation des ateliers aux plus récentes données sur la question. Contrairement aux idées reçues, c'est au cycle primaire que l'intimidation et la violence frappent le plus fort. « Plus on vieillit, plus on se calme », explique-t-il. 

Pas difficile de recueillir des témoignages de jeunes au parcours déjà marqué par l'humiliation et le mépris. Les histoires se succèdent au rythme du supplice. Un adolescent de 16 ans raconte qu'il a eu des pensées suicidaires.

Les deux animateurs de la Caravane expliquent que les directeurs, les enseignants et les psychoéducateurs ont beaucoup appris sur les façons de réagir et d'intervenir dans ces situations, et qu'ils ont aussi la volonté de prévenir la violence, en déminant le climat dans l'école.

Jean-Sébastien Desrosiers, directeur de l'École secondaire Leblanc, explique que depuis quelques années, les établissements ont pris les moyens qu'il fallait pour combattre la violence : installation de caméras, système de surveillance, ateliers, tutorat, organisation d'activités à l'heure du lunch ou après les classes. Il souligne que tous ces changements donnent des résultats positifs sur le terrain.

La loi de 2012, et après?

En 2012, le gouvernement du Québec adoptait une loi visant à prévenir et combattre l'intimidation et la violence en milieu scolaire. En vertu de cette loi, tant les élèves que les parents, les enseignants ou la direction doivent mettre en œuvre des actions concrètes.

Selon une étude réalisée entre 2013 et 2015, les agressions à caractère violent et l'intimidation sont en baisse. Cette enquête a été réalisée par la Chaire de recherche de l'Université Laval sur la sécurité et la violence en milieu éducatif auprès de milliers d'élèves, enseignants et parents.

Des changements positifs ont donc été notés, notamment chez les filles du primaire, avec néanmoins la persistance significative de comportements répréhensibles aussi bien chez les plus jeunes qu'au cycle secondaire.

Beaucoup de travail reste donc à faire, et le rapport d'enquête préconise une plus grande implication des parents, des organismes communautaires, ainsi qu'une meilleure formation des élèves et du personnel scolaire. Malgré cette légère amélioration, « les efforts doivent être poursuivis pour voir des changements plus importants au fil des ans », note l'étude. 

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