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Les nouveaux arrivants plus attachés à la propriété que les autres Canadiens

À en croire les conclusions du sondage de l'Institut Angus Reid, le rêve d'une résidence à soi serait plus fort chez les nouveaux arrivants que dans le reste de la population canadienne. Mais dans certaines régions, comme Vancouver, c'est un rêve jugé inaccessible.

Un texte de Francis Plourde

Roland Rahoerason se souvient bien de sa première maison, achetée en 1990 au Québec pour la somme de 75 000 $. Pour ce Canadien d'origine malgache, c'était l'accomplissement d'un rêve, trois ans après son arrivée au pays.

« J'avais réussi mon rêve d'être Canadien, dit-il. Être propriétaire, c'était une preuve pour moi que j'étais établi, que j'étais là pour de bon... j'étais heureux! »

Un rêve qu'il avait atteint grâce à l'épargne, mais aussi au crédit, plus accessible au Canada qu'en France ou à Madagascar.

Andrea Rozenberg, née en Roumanie, mais qui a grandi au Canada, se souvient aussi des efforts accomplis par ses parents pour devenir propriétaires.

« Pour nous les immigrants, c'est comme un accomplissement, d'avoir sa propriété. Mes parents, après quelques années, ont amassé de l'argent, ils ont travaillé dur et ils ont acheté leur première maison. Donc oui, ce sont des valeurs qui sont restées avec nous. »

Leurs témoignages concordent avec les résultats de l'étude commandée par Radio-Canada/CBC à l'Institut Angus Reid, visant à prendre le pouls de la population sur les valeurs et l'identité canadiennes.

À la question « Pour moi, c'est important de posséder ma propre résidence pour me sentir Canadien », 59 % des personnes sondées se sont dites d'accord. Chez les immigrants ayant déménagé au Canada depuis moins de 10 ans, cette proportion atteint 75 %.

Carole Ducharme, agente immobilière à Vancouver, n'est pas surprise des résultats du sondage. Environ la moitié de sa clientèle vient d'ailleurs.

« L'endroit où on habite, ça confirme notre identité, je comprends que c'est important, dit-elle. Surtout pour les immigrants, ça consolide le fait qu'ils sont maintenant canadiens. »

Au-delà de l'aspect identitaire associé à la propriété, pour quatre Canadiens sur cinq, l'achat d'un bien immobilier est d'ailleurs toujours considéré comme quelque chose d'important.

Vancouver : l'objectif inaccessible

À Vancouver, le prix de l'immobilier semble toutefois compromettre le rêve de plusieurs. Seulement le tiers des locataires sondés ont affirmé penser un jour pouvoir devenir propriétaires.


« Les prix sont tellement exorbitants qu'il faut faire des compromis, surtout avec un budget limité. Un condo en bas de 300 000 $, ça n'existe pratiquement pas, explique Carole Ducharme. Et 300 000 $ c'est quand même une somme importante pour plusieurs acheteurs, surtout les premiers acheteurs. »

Pour ceux qui décident de poursuivre cet objectif, il faut faire des compromis, quitte à déménager en banlieue ou à acheter un appartement plus petit.

En s'installant à Vancouver avec son mari, Andrea Rozenberg n'a pas voulu sacrifier son rêve d'être propriétaire. Elle a toutefois dû être persévérante. Avec un budget de 320 000 $, le couple a dû dire adieu à son quartier de Yaletown, au centre-ville, pour s'établir dans un condo aux limites de la ville.

Établi à Surrey depuis vingt ans, Roland Rahoerason a quant à lui revu ses priorités. Il a dû dire adieu au fait d'être propriétaire. Mais avec la location venait aussi le fait de ne pas avoir d'hypothèque. « Pour moi, ce rêve est parti maintenant, dit-il. Mais je me sens libre et je me sens heureux d'être au Canada... libre. »

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