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Les nouveaux immigrants se sentent plus canadiens que les Canadiens d'origine, selon un sondage

Les immigrants arrivés au Canada depuis 10 ans ou moins sont plus optimistes face à l'avenir et se sentent mieux intégrés dans leur communauté que l'ensemble de la population. En fait, ils seraient même « plus canadiens que les Canadiens d'origine », conclut un sondage de l'Institut Angus Reid.

Un texte de Valérie Ouellet

L'étude commandée par Radio-Canada/CBC visait à prendre le pouls de la population sur les valeurs et l'identité canadiennes, ainsi que sur l'intégration des minorités visibles au sein des communautés.

Bien que l'échantillon soit petit, note la firme Angus Reid, une chose est très claire : les nouveaux immigrants sont beaucoup plus satisfaits de la qualité de vie au Canada.

Plus des deux tiers d'entre eux (67 %) voient l'avenir de la prochaine génération avec beaucoup d'optimisme, alors que c'est loin d'être le cas pour l'ensemble de la population (44 %).

Les nouveaux immigrants sont aussi beaucoup plus satisfaits de l'éducation et des soins de santé offerts dans leur pays d'adoption, selon les résultats du sondage.

Les nouveaux immigrants sont-ils vraiment « plus canadiens que les Canadiens d'origine »? 

Oui, répondent Alexis Pembe et Annie Mponda, des Congolais d'origine établis au Canada depuis 1996.

Arrivés au pays en tant que réfugiés politiques, ils ont dû attendre près de 10 ans avant d'être réunis avec leurs enfants.

Ils croient que les Canadiens d'origine ont parfois tendance à oublier à quel point ils sont chanceux de grandir dans un pays libre qui valorise l'intégration.

Mais même pour les nouveaux arrivants, la qualité de vie ne se bâtit pas du jour au lendemain, précise Annie  Mponda. Au début, il a fallu travailler fort pour s'intégrer dans la communauté.

Elle se souvient avec émotion de sa première amie canadienne, rencontrée dans une église torontoise : « L'église m'a vraiment soutenue sur le plan spirituel et matériel. Il y avait d'autres Congolais dans la communauté, mais cette fille, elle m'a vraiment accueillie ».

Puisqu'ils vivent à Toronto, apprendre l'anglais le plus rapidement possible a aussi été essentiel à leur intégration, ajoute son mari Alexis.

La famille Pembe reflète l'opinion de nombreux immigrants interrogés dans le cadre du sondage : 79 % d'entre eux croient que les nouveaux immigrants sont bien intégrés dans leur communauté, contre 67 % seulement pour l'ensemble de la population.

Pas besoin de chercher bien loin pour comprendre quelle est la valeur la plus importante chez les Pembe.

Le mur du salon est couvert de photos des enfants, avec leur toge et leur diplôme bien en évidence. « Les trois plus vieux sont à l'université », explique Annie, visiblement très fière.

Elle aussi est retournée à l'école pour décrocher son diplôme d'études secondaires. « Je dis souvent à mes enfants : moi j'ai fait un effort [...] pourquoi pas vous? », raconte-t-elle.

Comme la vaste majorité (86 %) des nouveaux immigrants interrogés par l'Institut Angus Reid, la famille Pembe est satisfaite de l'accès à l'éducation au Canada. D'abord parce que l'éducation primaire et secondaire y est gratuite, ce qui n'est pas le cas au Congo. 

Selon eux, les enfants canadiens n'ont aucune raison de ne pas aller à l'école, alors que dans leur pays la pauvreté ou la guerre rend l'accès à l'éducation difficile.

Après 20 ans sur le marché du travail canadien, Alexis Pembe ne se fait toutefois plus d'idées sur la valeur de ses diplômes congolais. 

Son premier emploi était dans une usine de triage de vêtements. Il est maintenant gérant dans une agence de placement, tandis que sa femme est gardienne d'enfants.

Son plus grand souhait est que ses enfants poursuivent des études supérieures et décrochent de bons emplois : 

Tout comme la majorité des nouveaux immigrants interrogés (88 %), Annie Mponda et Alexis Pembe sont aussi beaucoup plus satisfaits de l'accès aux soins de santé que la majorité des Canadiens (71 %).

Non seulement les soins au Canada sont gratuits, souligne Annie, mais l'accueil est aussi beaucoup plus humain que dans les hôpitaux congolais.« Au pays, tu peux mourir si tu n'as pas d'argent pour te faire soigner. Personne ne s'occupe de toi, personne ne te regarde. »

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