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Les nouveaux sénateurs doivent définir leur rôle d'« indépendants »

Leur nomination avait été annoncée il y a moins d'un mois. Mardi, moment solennel entre tous, sept nouveaux sénateurs sont entrés tour à tour pour être assermentés. Les Chantal Petitclerc, Raymonde Gagné, Frances Lankin, Ratna Omidvar, Peter Harder, André Pratte et Murray Sinclair ont tous la particularité de porter l'étiquette d'indépendant, même s'ils ont tous été nommés par le gouvernement libéral de Justin Trudeau.

Cette situation n'a pas manqué d'être soulignée par la sénatrice conservatrice Linda Frum qui, après avoir félicité Peter Harder pour sa nomination, lui a demandé de quelle manière il comptait être indépendant tout en étant le leader du gouvernement au Sénat.

Cet échange se déroulait durant la première période de questions à laquelle Peter Harder devait se soumettre au Sénat. Et cet Ontarien qui a passé 29 ans dans la fonction publique fédérale a répondu à Mme Frum que cette situation pouvait paraître difficile aux yeux de certains, mais qu'elle ne l'était pas pour lui. « Sur la base de mon expérience personnelle et de mes convictions, j'ai décidé que je siégerais comme indépendant », a-t-il affirmé.

« Ça a été un processus naturel pour moi, a expliqué M. Harder. Quand j'ai pris en considération ma nomination au Sénat, comme le premier ministre me l'a indiqué, il s'attendait à ce que je siège comme indépendant. Mais je vais représenter le gouvernement du Canada au Sénat tel que j'ai été assermenté au Conseil privé, et j'aurai l'occasion de participer au Cabinet quand ce sera approprié. Je ne vois pas mon rôle comme étant partisan, mais comme un représentant du gouvernement. »

Pour sa part, la sénatrice libérale indépendante Claudette Tardif estime que le rôle de M. Harder ne sera pas facile.

« Je pense qu'évidemment, M. Harder aura à s'assurer que les projets de loi du gouvernement puissent avoir une chance de réussite au Sénat, a-t-elle dit. Donc, je pense que cela veut dire qu'il y aura davantage de personnes à qui faire valoir le mérite des projets de loi. »

Questionné sur cette situation dans le foyer du Sénat à Ottawa, le leader des conservateurs au Sénat, Claude Carignan, a fait montre de scepticisme. « Moi, a-t-il déclaré, j'essaie de comprendre le fonctionnement et la vision du gouvernement sur le Sénat depuis l'élection et je ne comprends toujours pas, sauf pour dire que, clairement, ils construisent le pont à mesure qu'ils traversent la rivière. »

Aux yeux de M. Carignan, les sénateurs nouvellement nommés par le gouvernement libéral « vont devoir trouver les arguments pour convaincre sur le fond, sur le rationnel des projets de loi. Et nous, poursuit-il, on va étudier les projets de loi ».

« On ne fera pas d'opposition idéologique sur les projets de loi, a ajouté le leader des conservateurs au Sénat. On va les étudier à leur mérite et on va voter selon ce qui est notre vision de l'intérêt des Canadiens. »

En ce qui a trait aux différents comités du Sénat, Claude Carignan affirme qu'il y a la possibilité de libérer « une place du côté des conservateurs et une place du côté des libéraux pour les indépendants, qui correspondrait au pourcentage de représentation dans la Chambre ».

Le sénateur Michel Rivard, qui avait quitté le caucus conservateur au début mars et qui siège désormais comme indépendant, se réjouit de l'arrivée de Peter Harder à titre de représentant du gouvernement. Car, grâce à sa présence, dit-il, on pourra « remettre la période de questions ».

« On ne pouvait pas interroger le gouvernement, rappelle Michel Rivard. M. Trudeau avait dit qu'il n'y avait plus de sénateurs libéraux. Alors, avec M. Harder, on pourra poser des questions au gouvernement enfin et on verra s'ils vont se rallier à des caucus ou siéger comme indépendants, et on a hâte que tous les sièges soient comblés. »

Pour le sénateur conservateur Jean-Guy Dagenais, il importe que les membres nouvellement arrivés de la Chambre haute participent à la modernisation du Sénat.

Quant à l'étiquette d'indépendant de ces nouveaux sénateurs, M. Dagenais n'a pas l'intention de la faire sienne : « Je n'ai pas l'intention d'être moins partisan. Et pour utiliser une expression qu'on emploie à tous les jours : vous savez, quand on prend un vote, on n'a pas un gun sur la tête. On prend un vote selon notre bon jugement. Moi, ça ne change rien. »

Enfin, le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu voit son propre rôle comme étant inchangé depuis son arrivée à la Chambre haute, c'est-à-dire pour défendre les droits des victimes d'actes criminels.

Avec les informations de Madeleine Blais-Morin

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