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Les nouvelles normes fédérales sur le plomb dans l'eau pourraient avoir un impact sur les villes de l'Atlantique

Buvez-vous du plomb dans votre eau potable? Si oui, quelle quantité? Difficile de répondre à ces questions, surtout si vous habitez dans l'est du Canada, où les vieilles infrastructures s'accompagnent souvent de tuyauterie en plomb. Santé Canada souhaite agir dans ce dossier en réduisant de moitié la norme actuelle de plomb dans l'eau potable et en revoyant les méthodes d'analyse de l'eau.

Un texte d'Elisa Serret

Sam Lorefice est un résident d'Halifax. Il est propriétaire de quelques maisons dans la ville, qu'il loue.

Dans le sous-sol d’une de ses maisons, il a découvert une conduite d’eau potable en plomb. M. Lorefice, qui est aussi inspecteur en bâtiment, a reconnu tout de suite ce genre de conduite. Ce n’est pas le cas pour tout le monde, selon lui.

Sam Lorefice fera changer sa conduite dès que la neige disparaîtra. C’est primordial pour lui que l’eau dans ses maisons ne contienne pas de plomb, pour la santé de ses locataires.

Selon Santé Canada, la présence de plomb dans le sang (appelée la plombémie) peut causer une diminution de la cognition, entraîner une élévation de la pression artérielle et avoir des effets négatifs sur le développement du cerveau des enfants.

Et, selon l’Organisation mondiale de la santé, il n’existe pas de seuil sous lequel l’exposition au plomb serait sans danger.

Des changements urgents

Santé Canada annonce son intention de réduire de moitié la concentration de plomb dans l’eau potable. La norme passerait de 10 microgrammes par litre à 5 microgrammes par litre.

Selon Graham Gagnon, directeur de la Chaire de recherche sur la qualité et le traitement de l'eau de l'Université Dalhousie à Halifax, le Canada est en retard, contrairement à d'autres pays.

Santé Canada souhaite aussi changer la façon de prendre les échantillons pour tester l’eau. Graham Gagnon note que les normes actuelles ne recommandent pas de tester l'eau à partir des robinets résidentiels.

Les recommandations de Santé Canada proposent soit l’échantillonnage aléatoire (sans stagnation) ou l’échantillonnage après une période de stagnation (30 minutes) pour les sites résidentiels.

L’agence vient de terminer une consultation publique et a demandé aux provinces quelles seraient les possibles répercussions pour elles si les recommandations étaient mises en place.

Selon les réponses fournies par les quatre provinces de l’est, les changements proposés pourraient avoir des répercussions substantielles. Mais les détails fournis par les quatre provinces sont très vagues.

Un sentiment d’impuissance

Si la Ville d'Halifax a les moyens de s'ajuster à de nouvelles normes, d'autres villes en Atlantique sont devant un défi de taille.

C'est le cas de Bathurst, une petite municipalité dans le nord du Nouveau-Brunswick. La Ville doit jongler avec une décroissance et un vieillissement de la population. Elle est donc financièrement limitée.

Selon le maire de Bathurst, Paolo Fongemie, le tiers du réseau public est fait de tuyaux de plomb. Et la Ville n’a pas de recensement des résidences pouvant avoir des conduites de plomb.

Paolo Fongemie affirme que le fait de s’ajuster aux nouvelles normes d’échantillonnages et de changer le plus rapidement les conduites en plomb dans la ville représente un défi financier de taille.

Le maire se sent impuissant et demande l’aide des gouvernements pour sa ville et pour aider les citoyens ayant du plomb dans leur plomberie.

Défis supplémentaires en Atlantique

L'eau utilisée pour la consommation en Atlantique est particulièrement corrosive, un des défis propres aux provinces de l’est. Concrètement, l’eau que l’on retrouve dans les provinces de l’Atlantique contient moins de minéraux et dissout plus facilement les conduites de plomb. Ce qui relâche des particules de plomb dans l’eau. La Ville doit donc ajouter un nombre de produits dans l’eau afin de contrôler la corrosion.

De plus, en Atlantique, beaucoup de réseaux publics sont vieux et contiennent encore des conduites ou des raccords en plomb.

Aussi, peu de villes et de municipalités détiennent un inventaire des résidences qui ont des conduites de plomb. Les villes et les municipalités sont tenues de fournir de l’eau sans plomb de leurs réservoirs, mais n’ont aucune responsabilité quant aux résidences.

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