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Les parents de Clémence Beaulieu-Patry réclament un fonds d'indemnisation d'urgence

Nathalie Beaulieu et Luc Patry, dont la fille a été assassinée dans le supermarché Maxi où elle travaillait, réclament un fonds d'indemnisation d'urgence pour soutenir les proches de victimes d'actes criminels pendant les procédures judiciaires.

« On ne demande pas un salaire, mais [une compensation,] un peu de la même façon que les témoins et les jurés reçoivent une compensation, parce qu’il y a beaucoup de frais associés à [un procès]; transport, repas… », a expliqué Nathalie Beaulieu en entrevue à l'émission d'Isabelle Richer.

Mme Beaulieu et son conjoint, Luc Patry, sont les parents de Clémence Beaulieu-Patry, morte à l'âge de 20 ans en avril 2016, après avoir été poignardée à quatorze reprises. Le procès de son présumé meurtrier, Randy Tshilumba, s'est ouvert mercredi au Palais de justice de Montréal.

Pour les parents de la victime, ce procès représente un passage douloureux, mais nécessaire, pour rendre justice à leur fille.

« C'est difficile émotivement [...] revivre tout ce que Clémence a vécu », a souligné Mme Beaulieu.

« Les gens pensent qu’on est au courant de ce qui s’est passé au moment du meurtre, mais non pas du tout. On savait qu’elle avait été tuée avec un couteau, mais on a tout appris, les 14 coups et tout… C'était tout un choc », a-t-elle ajouté.

Au choc émotif s'ajoute un stress financier, puisque les parents ne reçoivent aucune indemnité financière pour suivre les procédures judiciaires.

La seule aide que reçoit le couple provient de ses proches et de l'association des Centres d'aide aux victimes d'actes criminels, la CAVAC.

« On a des gens qui nous soutiennent dans tout le processus judiciaire, à la cour, pour nous informer de ce qui va venir, mais ce qui manquerait, c'est un soutien financier », a expliqué Mme Beaulieu.

Elle explique que M. Patry, son conjoint, est actuellement sans salaire.

Bien que ses patrons soient « tout à fait empathiques », Mme Beaulieu déplore que la compagnie d'assurance de l'employeur de son conjoint refuse de reconnaître sa situation, un refus auquel se heurtent trop souvent les parents endeuillés, selon elle.

Les parents de Clémence demandent ainsi à la ministre québécoise de la Justice, Stéphanie Vallée, de créer un fonds d'indemnisation d'urgence pour les proches de victimes d'actes criminels qui se retrouvent souvent dans la même situation qu'eux.

Ils ne sont pas les premiers à faire une telle demande.

L'un des cas les plus mémorables est sans doute celui d'Isabelle Gaston, l’ex-conjointe de Guy Turcotte, qui avait assassiné leurs deux enfants en février 2009. Malgré le choc subi, Mme Gaston n’avait pas été reconnue comme une victime par la Direction de l'indemnisation des victimes d'actes criminels (IVAC).

Pour combler ces lacunes, Québec a dévoilé en juin dernier un plan d'action pour élargir le régime de l'IVAC. Le gouvernement de Philippe Couillard a entre autres élargi la notion de victime dans les cas d'assassinat d'un enfant par l'un de ses parents, ce qui tient compte de cas comme celui de Mme Gaston, mais non de celui de parents dont l'enfant a été assassiné par une tierce partie, comme c'est le cas de Mme Beaulieu et de M. Patry.

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