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Les partis doivent s'exprimer clairement sur l'entente Canada-Europe, dit Jean Charest

L'ex-premier ministre libéral Jean Charest presse le Canada d'être davantage « présent sur le terrain » pour convaincre les pays encore hésitants de l'Union européenne à ratifier l'accord de libre-échange conclut entre le Canada et l'Europe, car, insiste-t-il, « le temps joue contre nous ».

« Il y a des gens qui pensent que la meilleure façon de [faire] dérailler les négos entre les États-Unis et l'Europe, c'est de défaire l'entente Canada-Europe. Alors, ça représente un danger à court terme pour nous, a-t-il soutenu en entrevue à RDI économie. D'où l'importance pour nous d'être plus sur le terrain et de la faire ratifier le plus rapidement possible », affirme celui qui en est un partisan de la première heure.

Et alors que la campagne électorale fédérale bat son plein au Canada, l'ancien premier ministre du Québec estime pertinent que les partis exposent clairement leur vision du développement économique, dont fait partie le commerce international.

« On devrait, effectivement, questionner tous les partis [...] : "l'accord Canada-Europe, êtes-vous pour ou contre et à quelles conditions?" » affirme Jean Charest, qui ajoute qu'il devrait en être de même pour le Partenariat transpacifique (PTP) « qui peut avoir un impact majeur, immédiat, sur la gestion de l'offre au Québec ».

Jean Charest, qui croit à l'importance de défendre ce système qui régit les productions de lait, d'oeufs et de volailles, affirme, du même souffle, qu'il faut y prévoir « des aménagements ».

Il suggère de permettre un minimum d'ouverture dans le marché, comme le fait l'entente Canada-Europe, tout en prévoyant « l'appui des gouvernements dans les périodes de transition, pour le peu d'ouverture qu'on va offrir ».

« Pour ceux qui se questionnent là-dessus et qui arrivent à des réponses très rapides, je les inviterais à aller voir aujourd'hui ce qui se passe en Europe dans le secteur agricole. Les réponses sont peut-être moins évidentes que ceux qui sont favorables à l'abolition de la gestion de l'offre le pensent », met en garde l'ancien premier ministre.

Crise des migrants : le Canada peut en faire plus, dit Charest

L'ex-premier ministre estime que le Canada peut faire « beaucoup plus » dans la crise des migrants.

Pour Jean Charest, « l'enjeu des réfugiés » doit être abordé de front dans la campagne électorale. Cet enjeu, dit-il, « inclut la façon dont on accueille les gens qui sont de nouveaux arrivants au Canada ».

Il n'y a pas que la Chine...

Selon Jean Charest, les difficultés éprouvées par la Chine ont affecté toute la planète et non seulement le Canada.

La dévaluation des monnaies qui, auparavant, aurait accéléré les exportations canadiennes, a eu l'effet inverse. D'affirmer Jean Charest : « Ce que ça a eu pour effet, à ce jour, c'est d'augmenter le coût des importations sans pour autant augmenter nos exportations parce que la demande dans les marchés extérieurs dont nous sommes devenus plus dépendants, est anémique ».

Une nouvelle économie est en train d'émerger, croit M. Charest, et l'intérêt du Canada n'est pas uniquement de miser sur la Chine, mais sur l'Europe, l'Amérique latine, l'Afrique et aussi de faire un grand effort de diversification sur tous les marchés.

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