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Les plaisanciers doivent se méfier des cours d'eau

Au Québec, huit noyades sur dix ont eu lieu sur les cours d'eau cette année, contrairement aux piscines résidentielles. Une situation qui inquiète les autorités.

Un texte de Laurent Therrien

La Société de sauvetage du Québec rappelle chaque année que la période des vacances de la construction est la plus meurtrière en ce qui concerne les noyades. Si le message semble entendu de la part des propriétaires de piscines résidentielles, c'est loin d'être le cas pour les plaisanciers.

Déjà, 20 personnes ont perdu la vie sur les lacs et les rivières de la province. Et la belle saison est loin d'être terminée.

« Les gens fréquentent les cours d'eau parce que ce sont des endroits agréables et exotiques. Mais s'ils n'ont pas été aménagés pour la baignade, ils sont dangereux et sournois », explique le directeur de la Société de sauvetage, Raynald Hawkins.

Le courant trop intense, la témérité et l'inexpérience des victimes expliquent en partie le phénomène. Mais le plus inquiétant selon M. Hawkins, c'est que la majorité des noyades surviennent alors que les gens ne prévoyaient que se promener sur l'eau à bord d'une embarcation.

Patrouiller pour mieux prévenir

Les policiers du Service de police de la Ville de Montréal patrouillent régulièrement sur le fleuve Saint-Laurent, où se côtoient paquebots, plaisanciers, pêcheurs et kayakistes.

« C'est sûr qu'on essaie de conscientiser les gens que plus leurs embarcations sont petites, plus ils sont à risque de chavirer », précise l'agent Réal Desrochers. Les bateaux de patrouille des policiers interceptent les plaisanciers pour s'assurer qu'ils possèdent l'équipement obligatoire à bord, à commencer par des gilets de sauvetage en nombre suffisant.

Lors de notre visite, l'agent Desrochers a rencontré deux pêcheurs en canot, tout près de la zone où transitent les navires. Les deux hommes ne portaient pas leurs vestes de flottaison, usées par les années. « Je n'en ai pas besoin », a répondu l'un d'eux aux policiers.

« C'est exactement le genre de mentalités qu'on essaie de changer, rétorque le directeur de la Société de sauvetage. On pense qu'on est capable de nager, on pense qu'on va être capable de s'accrocher à notre embarcation. Mais les données sur les noyades nous démontrent que les gens étaient à plus ou moins 15 mètres d'un endroit où ils pouvaient s'accrocher ».

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