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Les plus grands et les plus petits animaux courent le plus grand danger d'extinction

Les plus grands et les plus petits animaux de la planète seraient les plus à risque de disparaître, rapporte une étude américaine.

Les animaux de la planète disparaissent à une échelle d’une telle ampleur que les scientifiques considèrent qu’une sixième phase d’extinction est en cours.

C’est ce constat qui a incité une équipe de chercheurs à vouloir déterminer les facteurs clés du risque d’extinction.

Le premier indice étudié : la taille du corps des animaux.

Les recherches menées jusqu’à présent sur les oiseaux et les mammifères avaient montré que les plus grands étaient les plus susceptibles de s’éteindre.

Lorsque les chercheurs ont établi une base de données de milliers d'oiseaux, de mammifères, de poissons, d'amphibiens et de reptiles en danger d'extinction, ils ont constaté des pertes disproportionnées aux deux extrémités de l'échelle.

« Étonnamment, nous avons constaté que non seulement la plus grande de toutes les espèces animales vertébrées est la plus menacée, mais les plus petites sont également très menacées d'extinction », a déclaré Bill Ripple, professeur à l’Université de l’Oregon à Corvallis, aux États-Unis, qui a dirigé l'équipe de recherche.

Différents dangers pour différentes tailles

Il semble donc que la taille est significative lorsqu’il s’agit d’extinction animale, au profit des espèces de la catégorie dite « Boucles d’or ». Les scientifiques estiment que ces vertébrés, qui ne sont ni trop grands ni trop petits, ont le plus de chances d’être épargnés.

Toutefois, pour les animaux aux deux extrémités du spectre, il faudra agir pour assurer leur protection, selon les chercheurs.

Les poids lourds sont particulièrement menacés par la chasse, tandis que les poids plumes se trouvent menacés par la pollution et l’exploitation forestière.

« Pour les plus grands vertébrés, la principale menace est d’être tué par les humains, alors que les plus petites espèces sont plus susceptibles d'avoir des aires géographiques restreintes – un prédicteur important du risque d'extinction – et d’être menacées par la dégradation de leur habitat », ont expliqué les chercheurs.

Les très grands animaux, comme les éléphants, les rhinocéros et les lions, sont depuis longtemps déjà la cible des efforts de protection.

Pendant ce temps, certains poissons, oiseaux et amphibiens, qui, bien que plus petits, sont les géants de leur espèce, comme le requin-baleine, l’autruche somalienne et la salamandre géante chinoise, ont plutôt tendance à être négligés.

De même, les petites espèces à risque, comme les grenouilles et les musaraignes, reçoivent également très peu d'attention.

« Je pense que, pour les plus petites espèces, il faut tout d'abord sensibiliser les gens, car les plus grands accaparent beaucoup d'attention, tandis que les plus petits en reçoivent très peu », a souligné le professeur Ripple.

Réduire la viande... et les humains

Bien que des approches très différentes soient évidemment nécessaires pour assurer leur survie, il est tout aussi urgent d’intensifier les efforts pour les grandes comme les petites espèces, précisent les chercheurs.

« La réduction de la consommation mondiale de viande sauvage est une étape clé nécessaire pour réduire les impacts négatifs de la chasse humaine, de la pêche et du piégeage sur les vertébrés du monde », ont-ils écrit dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, qui a publié l'étude.

Dans le cadre de cette étude, des chercheurs des États-Unis, du Royaume-Uni, de la Suisse et de l'Australie ont comparé la masse corporelle et le risque d'extinction de plus de 25 000 espèces de vertébrés.

Parmi celles-ci, environ 4000 sont menacées d'extinction, comme défini par la Liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature, créée en 1964.

Précisons que l’extinction des animaux est un processus naturel qui touche une poignée d’espèces chaque année.

Cependant, les estimations laissent à penser que la planète perd actuellement des espèces à un rythme qui est « des centaines de fois plus élevé » que le taux naturel.

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