Retour

Les policiers devront délaisser le « pantalon de clown »

Les policiers devront remettre leur pantalon d'uniforme et délaisser le port de pantalon non réglementaire dans l'exercice de leurs fonctions, un moyen de pression en usage depuis maintenant des années.

Le ministre de la Sécurité publique et des Affaires municipales, Martin Coiteux, déposera en effet un projet de loi intitulé « Loi obligeant le port de l’uniforme par les policiers et les constables spéciaux dans l’exercice de leurs fonctions » jeudi vers 10 h, à l’Assemblée nationale.

Protestations colorées

Les policiers de plusieurs services municipaux québécois, dont ceux de Montréal, portent des pantalons de type camouflage afin de protester contre la loi qui a imposé un partage en parts égales du coût des régimes de retraite municipaux.

M. Coiteux avait haussé le ton, au début de l’été dernier, en écrivant une lettre aux associations de policiers, dont la Fraternité des policiers de Montréal, pour qu’elles demandent à leurs troupes de respecter le port de l’uniforme.

Le ministre Coiteux avait invoqué la possibilité de confusion en cas de crise, le respect de l'institution, la discipline et la confiance du public envers ses forces policières pour réclamer le port de l’uniforme intégral. Il avait avancé qu’il y avait d’autres moyens de protester en ajoutant que ce moyen de pression « dévalorisait l’uniforme ».

Manque de respect

Le maire de Montréal, Denis Coderre, s’était également plaint des « pantalons de clown » de ses policiers, notamment lors des funérailles de l’ancien premier ministre du Québec Jacques Parizeau, en juin 2015.

Cela s’était toutefois corrigé notamment aux funérailles nationales de René Angélil, quelque six mois plus tard. Les agents présents pour le service d’ordre lié à la chapelle ardente ont revêtu leurs uniformes exclusivement pour l’événement, avait alors annoncé la Fraternité des policiers de Montréal.

En 2009, le Conseil des services essentiels avait rejeté la demande du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) de forcer le port de l’uniforme pour ses agents. Le SPVM craignait que les policiers en pantalons de camouflage soient confondus avec des militants lors d’une manifestation contre la brutalité policière. Le conseil avait alors répliqué que les questions de sécurité au travail ne relevaient pas de sa compétence.

Plus d'articles

Commentaires